« L’Oubli », de Philippe Forest : L’attraction d’un vide

Dans L’Oubli, Philippe Forest imagine, à partir de la perte d’un mot, un cheminement voué à maintenir vivant le souvenir des disparus.

U n matin, un mot m’a manqué. » Voilà un incipit économe en moyens mais qui ouvre nombre de voies possibles. C’est le début d’un texte qui résonne plus qu’il ne raisonne. Le nouveau roman de Philippe Forest, L’Oubli, déploie une ligne narrative dans une chambre d’échos multiples. Il mêle étroitement la spéculation au récit poétique. Produisant sans discontinuer un bouquet de sens, propices au songe et à l’échappée lointaine…

Un matin, une absence, donc. Événement anodin ? Pas certain. Surtout si l’on se met en quête, comme le fait le narrateur, du mot fugueur. Une quête qui va le mobiliser tout entier. Il en a la disponibilité : le narrateur s’est « réfugié » sur une île, en rupture avec son travail, ses relations, sa vie ordinaire quelque part sur le continent. Il ne s’accorde pas un luxe. Il assure en outre ne pas être « dépressif », un qualificatif dont, par ailleurs, il se méfie parce qu’il sert « surtout à disqualifier les gens qui [ont] décidé de prendre enfin au sérieux les questions essentielles ». Pour lui, la recherche de ce mot perdu est fondamentale, peut-être même fondatrice, un peu comme l’irruption du fameux « Rosebud », clé de voûte du personnage de Citizen Kane, d’Orson Welles.

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