« Que le diable nous emporte », de Jean-Claude Brisseau

Où l’on retrouve trois femmes qui se découvrent par l’intermédiaire de la sexualité, dans un univers qui n’exclut pas le fantastique.

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Jean-Claude Brisseau est l’auteur d’une œuvre singulière – et la Cinémathèque française a bien eu tort d’annuler la rétrospective qu’elle devait lui consacrer. Mais le cinéaste ne sort pas complètement de l’actualité puisque son nouveau film, Que le diable nous emporte, est sur les écrans. Où l’on retrouve des femmes entre elles, trois au demeurant, qui se découvrent par l’intermédiaire de la sexualité, et un univers qui n’exclut pas le fantastique, teinté de mysticisme. Un homme (Fabrice Deville) devient un objet de perturbation dans les relations de ces femmes. Or, l’une d’elles, Clara (Anna Sigalevitch), se révèle être l’incarnation de la bonté, quand Camille (Fabienne Babe) et Suzy (Isabelle Prim), auxquelles la première a pourtant apporté de l’aide, s’avèrent moins loyales. D’où ce sentiment ambivalent qui émane de Que le diable nous emporte, entre plénitude et amertume. Si quelques plans n’évitent pas un certain kitsch, Jean-Claude Brisseau montre de nouveau ses talents de mise en scène, notamment lorsqu’il filme une actrice plein cadre, racontant par le menu l’histoire perturbée de son personnage. C’est le cas en particulier avec Fabienne Babe, qui exprime alors autant d’angoisse que de mystère. L’un des plus beaux moments de ce film inégal mais troublant.

Que le diable nous emporte, Jean-Claude Brisseau, 1 h 37.


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