À Briançon, l’accueil comme une évidence

Sur le passage de migrants qui traversent la frontière franco-italienne, la ville s’est organisée pour leur venir en aide. Un succès local qui donne de l’espoir. Reportage.

Malika Butzbach  • 7 février 2018 abonné·es
À Briançon, l’accueil comme une évidence
© photo : dr

Il n’est pas encore midi. Déjà la buée sur les vitres révèle qu’à l’extérieur la neige a commencé à geler, tandis que dans la grande pièce du Refuge solidaire une dizaine de personnes s’agitent autour de Marie-Odile et des casseroles fumantes. Cinq jeunes hommes épluchent avec soin les légumes du repas. Ce jeudi 25 janvier, ils seront une vingtaine autour de la table. Âgés de 17 à 35 ans, ils ont en commun d’avoir traversé la frontière franco-italienne pour parvenir jusqu’à Briançon.

C’est de plus en plus difficile depuis deux ans de passer par Vintimille, alors les migrants tentent leur chance plus au nord. Certains ont débarqué cette nuit, d’autres sont là depuis un an, comme Badra [1]. En attente de ­régularisation, ce jeune Ivoirien à la silhouette longiligne et au charme dandy est devenu un des piliers du Refuge, mais aussi une personnalité de la ville, impliqué chez les scouts, dans le spectacle d’été de la ville… Surtout, il prête main-forte aux quelque 200 bénévoles qui se relaient depuis juillet 2017 au Refuge, un ancien bâtiment des CRS pour le secours en montagne. Chaque nuit, les migrants qui arrivent des montagnes voisines y trouvent un toit, des vêtements et des soins. Près de deux mille sont passés par la ville

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées
Analyse 27 février 2026 abonné·es

En CRA, le double enfermement des personnes psychiatrisées

En centre de rétention administrative, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont de plus en plus nombreuses. Parfois arrêtées directement à la sortie de l’hôpital psychiatrique, elles risquent, une fois en CRA, d’être placées à l’isolement. Ce qui aggrave leur santé mentale.
Par Pauline Migevant
Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques
Enquête 27 février 2026

Ahmed N. voulait « soigner sa tête » : à Calais, les exilés abandonnés face aux souffrances psychologiques

Ahmed N., un exilé érythréen souffrant de troubles psychologiques, est mort sur un parking près de Calais en mai dernier. Malgré les alertes, les associatifs ont fait face à de nombreux dysfonctionnements venant de l’hôpital de Calais concernant sa prise en charge.
Par Maël Galisson
Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »
Polémique 25 février 2026 abonné·es

Minute de silence pour Quentin Deranque : « Une ligne rouge a été franchie »

Offusqué·es par la minute de silence observée à l’Assemblée nationale pour Quentin Deranque, y compris à gauche, plusieurs citoyen·nes ont écrit à leur député·e pour l’interpeller.
Par Pauline Migevant
Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique
Analyse 25 février 2026

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?
Par Pierre Jacquemain