Quel avenir pour « Ebdo » ?

Moins de trois mois après sa première parution, le magazine est déjà en danger.

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Tandis qu’un nouvel hebdomadaire papier nourrit les kiosques à partir d'aujourd’hui, Vraiment [1], Ebdo, lancé le 12 janvier est déjà tout près de mettre la clé sous la porte. Selon le site BuzzFeed, se fondant sur plusieurs sources internes, le journal a déposé le bilan : « La procédure est entamée et un administrateur judiciaire est attendu dans la semaine. »

Laurent Beccaria, président de Rollin Publications, qui édite Ebdo, a démenti au Figaro l’annonce de ce dépôt de bilan, tout en reconnaissant être « dans la recherche de solutions de reprise depuis plusieurs semaines. Nous étudions toutes les options dont celle d’un dépôt de bilan pour préserver le maximum d’emplois. Tout est encore ouvert », a-t-il affirmé. Une quarantaine de personnes sont concernées.

Or il y a urgence, au regard des chiffres, qui ne sont pas à la hauteur des espérances. Ebdo, qui avait glané plus de 400 000 euros de financement participatif l’automne dernier, s’écoule entre 8 000 et 10 000 exemplaires en kiosques et compterait seulement 8 000 abonnés. Loin donc des objectifs annoncés de 20 000 ventes et 70 000 abonnés. En partie en cause, le départ d’un investisseur important à la suite de la parution d’une enquête très controversée consacrée à Nicolas Hulot, le ministre ayant fait l’objet d’une plainte pour viol en 2008, classée sans suite pour cause de prescription. Un numéro qui a déçu nombre de lecteurs (et divisé également la rédaction).

[1] Lancé par Julien Mendez et Julie Morel, deux anciens conseillers ministériels d’Emmanuel Macron à Bercy, avec Jules Lavie, un ancien journaliste de Franceinfo, qui dirigera la rédaction. Il vise les 40 000 exemplaires.


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