NDDL : « Le risque d’une répétition de l’opération César »

Au troisième jour de l’intervention des forces de l’ordre sur la ZAD, la résistance des habitants s’est fortement accrue, notamment en raison de renforts venus de l’extérieur. La préfecture doit maintenant faire face au risque d’un enlisement, comme à l’automne 2012 avec le fiasco de l’opération César.

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Genevière Coiffard, increvable militante historique de la lutte contre l’aéroport, dans cette catégorie du troisième âge virulente que les zadistes ont affectueusement dénommé « les Vieux Fourneaux », est actuellement sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, au milieu des chaînes humaines et sous les gaz lacrymogènes pour empêcher la destruction des lieux de vie. Elle donne son sentiment sur l’évolution des événements.

Les militants ont appelé au débotté hier à tenir un pique-nique de soutien sur la ZAD. Comment est-ce possible, alors que la zone est bouclée par les forces de l’ordre ?

Geneviève Coiffard : Les gens sont passés par les champs, pour ceux qui connaissaient les lieux, mais un certain nombre ont été refoulés. Malgré tout, en dépit du fait que tout ça a été organisé « à l’arrache », le pique-nique a été un énorme succès, carton plein, la cantine a dû faire plusieurs services. Et puis des dizaines de tracteurs du Copain 44 et d’ailleurs sont arrivés pour protéger les sites. Les paysans sont là aussi. Ces mobilisations sont très encourageantes, mais sur place, que c’est éprouvant…

Après trois jours d’affrontement, la situation semble s’enliser sur la ZAD. Quelle issue possible selon ce que vous pouvez percevoir ?

Il est clair que ce n’est pas sur le terrain « militaire » que nous l’emporterons ! Les forces en présence sont totalement disproportionnées, et la résistance des zadistes n’a rien à voir avec la violence des flics, en intensité. L’issue ne peut-être que politique. Face au risque et avec l’énorme connerie de la destruction des 100 Noms se profile, toutes proportions gardées, une répétition de l’enlisement fatal à l’opération César de 2012. Il se pourrait donc que les autorités recherchent assez rapidement une porte de sortie.

Par exemple ?

La préfecture n’a jamais été très précise sur les lieux à dégager, en nombre et en définition. Elle peut se réserver la possibilité de déclarer que les objectifs sont atteints. On a donc le sentiment que la situation est en train d’évoluer. Mais rien n’est moins sûr cependant, car les signaux sont assez contradictoires.


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