ZAD Notre-Dame-des-Landes – À quoi ressemblaient les 100 Noms, avant destruction

Ce hameau n’est plus. Ses habitants avaient pourtant engagé les démarches nécessaires à la régularisation de leur installation agricole.

Patrick Piro  • 9 avril 2018
Partager :
ZAD Notre-Dame-des-Landes – À quoi ressemblaient les 100 Noms, avant destruction
© Photos: Patrick Piro

Voilà à quoi ressemblait (voir diaporama) le hameau des 100 Noms sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, avant l’intervention ce matin des gendarmes mobiles venus chasser les occupants et les sympathisants venus s’interposer, puis des pelleteuses chargées de tout casser. Au nom de l’illégalité des installations et du statut des habitants.

Aux 100 Noms, la première déclaration de résidence principale remonte pourtant à cinq ans. Une demande collective de rendez-vous a été déposée fin mars auprès de la Mutuelle sociale agricole (MSA, sécurité sociale des agriculteurs) pour envisager une forme de régularisation, et un projet agricole a été transmis à la préfecture. Toutes démarches, attestées par des recommandés-accusés de réception, qui auraient dû, en État de droit, protéger les habitants de la brutale opération de ce matin. « On nous a dit “vous avez dix minutes pour prendre vos affaires” !, témoigne l’un d’entre-eux, avec un huissier qui n’avait même pas de document officiel à nous présenter… »

Voilà pour la légalité.

On suggère à François de Rugy de se pencher, avec un peu moins de déférence envers le gouvernement, sur le cas des 100 Noms, lui qui signe ce jour un communiqué saluant une opération « ciblée » des forces de l’ordre, qui « ne concerne que des occupants qui refusent le retour à la sérénité sur la zone ». Ce retour au Droit (la majuscule est de lui) « doit permettre d’engager un développement agricole du territoire, associant propriétaires exploitants et occupants désireux d’inscrire leur projet économique dans les règles communes. » Commentaire de Marcel Thébaud, l’un de ces « propriétaires exploitants » historiques restés sur la ZAD : « sidéré » par l’expulsion des 100 noms, « un lieu où il y a de l’énergie et qui cherche à se connecter à la réalité. (…) Ça veut dire que l’option choisie est celle de la destruction totale. »

Des rassemblements de soutien s’organisent dans toute la France (et même au-delà). Voir la liste des villes ici.

Écologie
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Le lycée agricole de Melle, pépinière du mouvement antibassines
Reportage 15 juillet 2024 abonné·es

Le lycée agricole de Melle, pépinière du mouvement antibassines

L’établissement des Deux-Sèvres voit mûrir au sein de son BTS gestion et protection de la nature une nouvelle génération d’activistes contre l’accaparement de l’eau. Ses élèves aux parcours sinueux trouvent dans ce terroir et son activité militante le déclic d’un engagement durable.
Par Sylvain Lapoix
L’écologie unie face à l’extrême droite
Écologie 25 juin 2024

L’écologie unie face à l’extrême droite

À l’initiative de Reporterre, de nombreuses ONG, penseurs écologistes et militants se sont réunis le lundi 24 juin à Paris. L’objectif : dénoncer l’imposture écologique de l’extrême droite et les dangers de son accession au pouvoir sur l’environnement.
Par Tristan Dereuddre
« Le RN n’a rien compris aux leviers de la lutte contre le dérèglement climatique »
Entretien 17 juin 2024

« Le RN n’a rien compris aux leviers de la lutte contre le dérèglement climatique »

Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France revient sur la menace que représente l’extrême droite climatosceptique pour la transition écologique et sociale, et sur le rôle décisif de la société civile auprès du Nouveau Front populaire.  
Par Vanina Delmas
Désenclavement : le mythe qui ne tient pas la route
Analyse 12 juin 2024 abonné·es

Désenclavement : le mythe qui ne tient pas la route

Pour les défenseurs de l’autoroute A69, c’est la survie économique du territoire autour de Castres qui est en jeu. Mais quelles réalités néolibérales cet argument sans cesse brandi cache-t-il ?
Par Vanina Delmas