Notre-Dame-des-Landes : La ZAD marque des points

Avant l’échéance du deuxième ultimatum fixé au 23 avril, les habitants ont déposé une quarantaine de projets couvrant l’ensemble des 270 hectares squattés.

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À Notre-Dame-des-Landes, la probabilité du scénario catastrophe semble s’amenuiser : les habitants de la ZAD ont concédé un « geste d’apaisement », et les deux parties dialoguent. Sur le terrain, ça s’est calmé. L’assaut militaire est en pause, dents cassées sur la très forte résistance des habitants et de leurs soutiens. Et ces derniers, qui dans leur majorité au moins n’ont jamais cru à la possibilité d’une victoire « militaire » à terme, ont saisi plutôt habilement la perche tendue par la préfecture.

Point d’achoppement initial : il leur avait été demandé, avant le 31 mars, de déclarer nominativement des projets agricoles individuels. Un rétrécissement antagoniste avec l’approche collective tissée depuis des années sur la ZAD. Mais, vendredi dernier, avant l’échéance du deuxième ultimatum fixé au 23 avril, les habitants ont finalement déposé une quarantaine de projets couvrant l’ensemble des 270 hectares squattés par la ZAD, avec le nom de personnes qui les portent, et surtout accompagnés d’un plan d’ensemble assez fouillé du « Projet coopérative ZAD » décrivant les interactions vitales que chacun entretient avec les autres : pour la première fois, cette fameuse collectivité qu’ils défendent bec et ongles prenait consistance en dehors du bocage. Un « gros travail », ont reconnu la préfecture et la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), chargée de juger de la pertinence et de la viabilité des projets.

À voir >> [VIDÉO] Le peuple de la ZAD se lève

Les parties devaient se retrouver mercredi 25 avril pour avancer, ce qui supposait un prolongement sine die de la trêve des expulsions. Mais ce premier pas significatif de la ZAD est loin de valoir sortie de crise. Car la préfecture s’accroche à l’exigence de ne considérer que des projets agricoles ou para-agricoles – le cas pour près de 30 d’entre eux (maraîchage, céréales, plantes aromatiques, bovins, ovins, apiculture, verger, gestion forestière, tannage…) –, ainsi qu’à la signature de conventions d’occupation précaires (COP) individuelles. Par ailleurs, la désignation des parcelles ne cadre pas avec le schéma conventionnel : « Plusieurs projets se partagent le même terrain, tout est relié », indique Cyril Bouligand, paysan membre de la délégation de contact avec la préfecture. Et quid des activités artisanales (menuiserie, mécanique agricole, forge…), culturelles (bibliothèque, radio, centre de rencontre…), de distribution (épicerie solidaire, Cagette des terres…) ? « On n’arrive pas à savoir où ça se discute… », reconnaît-il avec une certaine préoccupation.


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