Cédric Herrou : L’homme de la vallée

Dans Libre, sélectionné à Cannes, Michel Toesca montre le quotidien de Cédric Herrou avec les réfugiés auxquels il a porté secours.

La seule séquence de Libre où Cédric Herrou apparaît avec des menottes se déroule dans la gare de Cannes. Accompagné de quelques militants, l’homme est en butte à un policier particulièrement obtus et vindicatif. Voilà un moment qui ne manque pas de piquant, alors que le film de Michel Toesca est projeté dans la salle dite du Soixantième, attenante au Palais des festivals, à quelques encablures de la gare. Cannes, ville ouverte, ville fermée ? Le plus souvent fermée, et même à double tour (esprits compris), sauf exception. Comme cette sélection de Libre par le festival, formidable coup de projecteur sur le combat en faveur des réfugiés dans la vallée de la Roya.

Michel Toesca est un ami de longue date de Cédric Herrou, et cela se sent. Lui-même vit dans la vallée de la Roya. Il est présent quand les premiers réfugiés arrivent dans l’exploitation de l’agriculteur. Le film commence là, au printemps 2016.

Ce que Libre montre en premier lieu, c’est combien Cédric Herrou réagit de façon pragmatique à un problème. Des réfugiés sont accueillis par lui, parce que tout, dans ses idéaux, lui enjoint de leur porter secours. Mais, dès lors, que faire ? Les adultes sont en droit de déposer une demande d’asile. Et les mineurs doivent être recueillis, comme la loi française l’impose. Or, ce que constate Cédric Herrou, c’est que, sur ces deux points, l’État est hors la loi. Le préfet des Alpes-Maritimes (1) repousse, expulse, mais ne se soumet pas à la législation. D’où le jeu du chat et de la souris organisé par Herrou et ses amis avec les réfugiés pour tenter de placer l’État devant ses responsabilités.

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