Les leçons des utopies manquées

Spécialiste des coopératives, Benoît Borrits analyse les freins à l’émergence d’une « économie des communs » et propose des solutions ambitieuses.

Qu’on se le dise, l’histoire du mouvement coopératif est parsemée de désillusions. Des soviets russes au courant libertaire espagnol de 1936 en passant par l’autogestion yougoslave ou les coopératives d’usagers anglaises, toutes les tentatives systémiques ont fini par dépérir ou dégénérer. Benoît Borrits, spécialiste des coopératives, propose une analyse rigoureuse de ces écueils. La dérive totalitaire des grandes utopies comme le dévoiement des petits projets coopératifs découlent, selon lui, du pouvoir que continuent d’exercer les propriétaires des moyens de production. Quand bien même le capital serait détenu et géré collectivement, comme c’est le cas dans une coopérative, sa propriété induit un accaparement des richesses et des pouvoirs. « Même collective, une propriété reste un instrument d’oppression », juge Benoît Borrits, qui exhorte le mouvement coopératif à « refermer définitivement cette impasse de la propriété collective qui a conduit à certains des plus grands désastres du XXe siècle ».

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