S’exprimer librement sur le conflit israélo-palestinien tout en combattant l’antisémitisme

Christiane Hessel et d’autres personnalités apportent leur soutien à Pascal Boniface, face aux accusations d’antisémitisme dont il est victime.

Christiane Hessel  • 28 mai 2018
Partager :
S’exprimer librement sur le conflit israélo-palestinien tout en combattant l’antisémitisme
© photo : MANUEL COHEN / MCOHEN

Depuis dix-sept ans, Pascal Boniface est victime d’une campagne infamante l’accusant d’antisémitisme. Elle n’a strictement aucun fondement. Il n’y a nulle trace d’antisémitisme dans aucun écrit ou déclaration de Pascal Boniface qui s’est, au contraire, montré constant dans sa lutte contre ce fléau, tout comme dans celle contre toute forme de racisme. On peut ne pas partager ses analyses, mais ce procès qui lui est fait est indigne et intolérable.

Pascal Boniface s’est souvent montré critique à l’égard des gouvernements israéliens et c’est sur cette base qu’il est mis en accusation. Il a récemment écrit un livre[1] démontant les mécanismes de cette campagne qui, loin d’apaiser les tensions, est venu les aggraver. Il s’est ainsi fait agresser à l’aéroport de Tel-Aviv le 16 avril 2018 et subit une campagne de haine sur Internet, allant jusqu’à des menaces de mort.

Ce terrorisme intellectuel, qui prétend faire passer pour de l’antisémitisme la critique politique de l’action du gouvernement israélien, crée un climat malsain et délétère et ne contribue aucunement à la lutte contre l’antisémitisme. Face à cette campagne de haine, nous apportons notre total soutien à Pascal Boniface et réclamons le droit de pouvoir nous exprimer librement sur le conflit israélo-palestinien, tout en combattant l’antisémitisme et toute forme de racisme.

Premiers signataires : Gisèle Halimi, avocate, Rony Brauman, cofondateur de Médecins sans frontières, Geneviève Garrigos, défenseure des droits humains, René Backmann, journaliste, Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences Po Paris, Pierre Conesa, géopolitologue, Bertrand Heilbronn, président de l’AFPS, Pierre Joxe, avocat, Jean-Claude Lefort, député honoraire, Gilles Manceron, historien, Nehemiasz Schmer dit André Schmer, ancien FTP-MOI, Denis Sieffert, journaliste, Dominique Vidal, historien et journaliste, Lilian Thuram, président de la Fondation Éducation contre le racisme, Pierre Haski, journaliste, Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières.

Signez la pétition ici.

[1] Antisémite, Max Milo, 2018.

Publié dans
Tribunes

Des contributions pour alimenter le débat, au sein de la gauche ou plus largement, et pour donner de l’écho à des mobilisations. Ces textes ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction.

Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Affaire Deranque : interdire le savoir, le piège de l’ordre public contre les libertés fondamentales
Tribune 19 février 2026

Affaire Deranque : interdire le savoir, le piège de l’ordre public contre les libertés fondamentales

Après la mort du militant d’extrême droite tué à Lyon, une inquiétante dérive se fait jour : au nom de l’ordre public, l’État semble prêt à restreindre toujours davantage la liberté d’expression et de réunion, regrette l’ancien vice-président étudiant de Sciences Po Lyon.
Par Gustave Bernard
Némésis : la dissolution nécessaire que personne ne mentionne
Tribune 17 février 2026

Némésis : la dissolution nécessaire que personne ne mentionne

Après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, la chroniqueuse Marie Coquille-Chambel pointe la responsabilité du collectif fémonationaliste dans les violences commises par l’extrême droite et appelle à sa dissolution, dénonçant son rôle présumé dans l’organisation et la médiatisation d’affrontements politiques.
Par Marie Coquille-Chambel
Logement : l’urgence de rompre avec dix ans de macronisme
Logement 12 février 2026

Logement : l’urgence de rompre avec dix ans de macronisme

Des milliers d’enfants à la rue, des personnes âgées contraintes de choisir entre se chauffer et se nourrir, 24 000 expulsions prononcées en 2025. Le bilan de dix années de Macronisme atteste d’une urgence : celle de changer de paradigme social.
Par Eddie Jacquemart
Sans logement stable, pas d’émancipation possible
Logement 11 février 2026

Sans logement stable, pas d’émancipation possible

Bien au-delà des situations les plus précaires, le mal-logement fragilise les parcours de vie, creuse les inégalités et menace la cohésion sociale. Pour Marie-Pierre Vieu et Margaux Aldebert de la Fondation Copernic, il est urgent, face à cette crise structurelle, de repenser en profondeur les politiques du logement et de garantir un droit effectif à un habitat digne pour toutes et tous.
Par Marie-Pierre Vieu et Margaux Aldebert