Un emploi, c’est aussi un travail

On ne peut pas résoudre la pénurie d’emplois en faisant l’impasse sur la dimension qualitative du travail.

Puisqu’il y a 5 millions de demandeurs d’emploi, pourquoi ne pas les recruter pour renforcer les services publics ? Le projet d’« État employeur en dernier ressort » (EEDR) de l’économiste Hyman Minsky, repris par Bernie Sanders ou par la France insoumise, paraît frappé au coin du bon sens (1).

Pourtant, le projet me semble inadapté au cas de la France. Pour Pavlina Tcherneva, la conseillère de Sanders, il s’agit de proposer à tous les chômeurs un emploi payé au salaire minimum. Mais pour réaliser quel travail ? Avec quelles qualifications ? Elle constate avec raison qu’« il y a d’immenses besoins dans les services aux collectivités locales, aux personnes ou à l’environnement ». Mais les satisfaire suppose un travail qualifié, qu’on ne peut pas en général rémunérer au Smic.

Minsky prônait de « prendre les chômeurs tels qu’ils sont et d’adapter les emplois publics à leurs compétences ». Or, plus des trois quarts des chômeurs sont des travailleurs qualifiés, 50 % ont au moins le bac. Sans doute, les qualifications de certains ne correspondent pas toujours aux besoins : il faudrait alors leur proposer non pas des emplois au rabais mais des formations de reconversion débouchant sur des embauches normales dans les services publics. Un emploi, c’est aussi un travail : on ne peut pas résoudre la pénurie quantitative d’emplois en faisant l’impasse sur la dimension qualitative du travail.

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