Alfortville se mobilise contre la fermeture de ses classes

Un rassemblement est prévu devant l'école élémentaire Octobre d'Alfortville (94) pour dire non à la fermeture de deux classes. Une situation dans laquelle se retrouvent d'autres villes  et écoles.

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Les élèves de l'école élémentaire Octobre devront contourner des corps pour entrer dans leur établissement demain, mercredi 27 juin. La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) appelle en effet au rassemblement à 8h15 devant l'école alfortvillaise, pour protester contre la fermeture prévue deux classes. « Face à l'urgence, désarmés, atterrés », les manifestants ont prévu de diffuser leurs slogans et faire un die-in – action qui consiste à s'allonger au sol et ne plus bouger.

Les membres du groupe scolaire Octobre de la fédération dénoncent « une logique de l'Education nationale uniquement comptable », et plaident pour « une moyenne par niveau et par classe [plutôt] qu'une moyenne d'enfants par classe par école ». Ils demandent à ce qu'une seule classe sur les deux soit fermée à la rentrée. La FCPE souhaite par ailleurs que le contexte soit pris en compte : après plusieurs années de difficultés, l'équipe pédagogique « reprend force » et profite d'une « belle dynamique », avec l'arrivée d'une directrice et de deux nouveaux instituteurs.

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Dans sa dernière enquête, publiée cette semaine, le syndicat d'enseignants SNUipp-FSU dresse un bilan globalement positif des dédoublements des classes de CP, notamment sur l'apprentissage. En revanche, 26 % des dédoublements ont entraîné une augmentation des effectifs dans les autres classes. Le collectif FCPE d'Octobre regrette justement l'instauration de « classes de plus en plus surchargées pour récupérer des enseignants pour les CP à 12 élèves dans les REP + ».

Le réseau de parents d'élèves inscrit ses revendications dans un cadre général. Il demande plus de concertation sur le rythme scolaire des enfants, dénonce le manque de moyens et de personnes dans les Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), ainsi que chez les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH, anciennement auxiliaires de vie scolaire).

Les parents et enseignants d'Alfortville n'en sont pas à leur première contestation. Fin février, ils avaient symboliquement mis en vente sur Leboncoin « cinq classes de type "École publique" d’occasion à vendre, encore en bon état ». Début juin, une chaîne humaine avait été formée par des centaines de personnes entre l'école maternelle Jules-Grévy et celle, élémentaire, Henri-Barbusse.

D'autres écoles se retrouvent dans la même situation dans le Val-de-Marne. L’intersyndicale Snudi-FO, Snuipp-FSU, CGT Educ’Action et la fédération de parents d’élèves FCPE organisent une manifestation de protestation contre les fermetures ce mercredi 27 juin à 17h45 devant la préfecture.

A l’issue du CTsD du 15 juin la DASEN a annoncé les mesures suivantes : 12 levées de fermetures fermes et conditionnelles (9 en mater, 3 en élém), 12 ouvertures supplémentaires (7 en mater, 5 en Elém), 1 ouverture conditionnelle en élém, 6 nouvelles fermetures (3 en mater, 3 en élém), 1 ouverture annulée en élém, 1 nouvelle fermeture conditionnelle. Si la représentante du ministre a dû concéder 12 ouvertures et 12 annulations de fermetures (près de 250 enseignants, parents et élus étaient rassemblés devant la DSDEN de 21 écoles), pour autant, le projet de carte scolaire DASEN-Ministre reste totalement inacceptable.

L'intersyndicale demande donc « l’annulation immédiate des fermetures, la satisfaction des demandes d’ouvertures de toutes les écoles en prenant en compte les situations particulières, le rétablissement de la norme départementale et du calcul des décharges de direction, le maintien des remplaçants gérés par les secrétaires de circonscription, le maintien des PDMQDC partout où ils ont été supprimés. »

A Fontenay-sous-Bois, les professeurs du collège Jean-Macé ont même décidé de bloquer les notes d’oral du brevet. Sont également en cause l’absence d’aide spécialisée (Rased) et de médecine scolaire, le manque de remplaçants et le statut des auxiliaires de vie scolaire (AVS), parents pauvres de l'Education nationale et aides indispensables pour les élèves et les professeurs en situation de handicap.


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