Europe : quatre nuances de gauches

À un an des élections européennes, les partis du camp progressiste français dressent un diagnostic sévère sur l’état de l’Union. Mais leurs stratégies sont encore floues et les remèdes disparates.

Dans la saga de la gauche française, le volume sur l’Union européenne pourrait bien s’appeler « Cinquante Nuances d’Europe ». Attirance, répulsion, ingérence, protectionnisme, rapports de force… tout y est. L’élection des députés au Parlement européen, qui aura lieu le 26 mai 2019, est pourtant la prochaine grande échéance électorale. La première occasion aussi, pour la gauche, de se tester face à Emmanuel Macron et sa République en marche. Derrière les programmes nationaux – qui diffèrent en bien des points –, le constat d’une Union européenne à bout de souffle est largement partagé, de la France insoumise à Génération.s en passant par Europe écologie-Les Verts (EELV) et le Parti communiste.

C’est une construction européenne en proie à une crise sans précédent que la gauche française espère sauver. Dans les programmes, il est avant tout question de la sortir de la crise économique, politique et démocratique dans laquelle elle est plongée. À l’inverse du macronisme, qui continue à défendre la libre concurrence (malgré une timide tentative de réguler le statut des travailleurs détachés), les groupes de gauche voient dans cette construction libérale les causes de la crise sociale et démocratique de l’Union européenne. Traditionnellement divisés sur ses bienfaits, les partis français sont unanimes dans sa critique. Au commencement des griefs portés contre Bruxelles et Strasbourg, la confiscation de la démocratie, dont le sort du « non » français au référendum de 2005, bafoué deux ans plus tard par le traité de Lisbonne, reste l’exemple emblématique. « Les États vivent désormais sous un régime de terreur bureaucratique », constate Anne Sabourin, responsable Europe du PCF. Et les plus récentes ingérences et autres entailles à l’exercice démocratique de lui donner raison : l’exemple de la crise grecque de 2015 est en effet tout aussi éclairant. « C’était un coup d’État, un mépris absolu de la souveraineté », estime Matthias Tavel, orateur national de la France insoumise, dont le nom figure dans la liste non ordonnée des candidats du mouvement qui sera soumise au vote des militants. « Le premier pays qui a voulu porter une alternative à la dictature des marchés a été bafoué », juge Anne Sabourin.

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