Europe : Une autre politique d'accueil est possible

Trois députées européennes livrent leur analyse et leurs propositions pour un meilleur accueil des migrants.

Cecilia Wikström

Élue du groupe des Libéraux en Suède. Siège dans le groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe.

© Politis

L’affaire de l’Aquarius nous rappelle douloureusement que l’Europe n’est pas assez bien équipée pour faire face à ce type de défi. Le pire, c’est que cet événement fera jurisprudence. Tant que les procédures érigées par l’accord de Dublin III seront en application, cela se reproduira. Ces règles font que les pays qui disposent de rivages méditerranéens absorbent la majeure partie du flux migratoire et que la répartition des demandeurs se fait mal ailleurs en Europe. L’Italie, la Grèce, la France et l’Espagne ne peuvent pas y faire face seules. Il faut envisager une plus juste répartition des choses. C’est tout de même incroyable que nous ayons des lois qui régulent nos émissions de CO2, les produits chimiques que nous épandons, les véhicules que nous conduisons… et rien de tangible, de concret, sur l’immigration et l’accueil !

En 2016, j’ai été nommée rapporteure de la mission qui visait à réformer les procédures de Dublin, mandatée par la Commission européenne. Ce texte a été adopté par le Parlement européen. Qu’en a fait le Conseil européen ? Rien. Avec les traités actuels, nous pourrions déjà (un peu) améliorer la situation. Mais il faudrait que les quotas d’accueil exigés par l’Union européenne soient respectés, cela permettrait d’aider les pays qui gèrent l’afflux de migrants. Il faudrait les revoir, les adapter aux capacités de chacun des États membres et menacer de lourdes sanctions financières ceux qui, comme la Hongrie par exemple, ne s’y tiendraient pas. »

Marie-Christine Vergiat

Élue du Front de gauche en France. Siège au groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique.

© Politis

Les propositions de la Commission européenne et du Parlement vont dans le bon sens : elles proposent une gestion plus humaine des arrivées. Là où ça bloque, c’est auprès du Conseil. Et la raison de cette entrave est simple : les membres du Conseil ont des ambitions politiques, vu qu’ils sont les élus de chacun des pays membres. On ne peut pas défendre l’ouverture des frontières au nom d’un devoir humanitaire, car les gens ont peur. La première chose à faire serait donc de déconstruire les préjugés des peuples européens sur les migrants. Nombre de personnes ont en tête l’image du migrant économique venu d’Afrique subsaharienne. Mais qui sait qu’entre 2015 et 2016 la Pologne a accueilli 500 000 émigrés d’Ukraine ? Car, s’il est exact de dire que certains États se refusent à mener de vraies politiques d’accueil, celles-ci peuvent être grandement infléchies selon la provenance des demandeurs. En France, on aura tendance à accorder l’asile plus facilement aux Afghans qu’en Allemagne ; la Pologne, elle, accueille plus de Tchétchènes…

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