L’arme des marchés

L’économiste Jacques Rigaudiat déconstruit avec efficacité l’idéologie de la dette.

Comment et quand en sommes-nous arrivés là ? Comment ce qui était le champ du débat démocratique, et qu’on nommait politique, a-t-il soudain été remplacé par une comptabilité vétilleuse jalonnée de « reportings », d’évaluations et de contrôles de gestion qui infantilisent les peuples ? À ces questions, l’économiste Jacques Rigaudiat, qui fut conseiller social de Jospin et de Rocard, apporte des réponses d’une grande clarté. Le tour de passe-passe s’opère autour du concept de dette. Et le grand tournant est l’entrée en vigueur du traité de Maastricht, en 1993, qui a transformé en code disciplinaire le nouveau rapport de force résultant de la mondialisation. L’arnaque – car c’en est une – a consisté, nous dit Rigaudiat, à identifier la « dette publique » à ce qu’il nomme « dette maastrichtienne » dont « nulle créance n’est défalquée ». En oubliant les actifs d’un État ou d’un service public, les magiciens de l’ordolibéralisme parviennent rapidement à faire exploser l’endettement. Ils n’ont ensuite aucun mal à démontrer que les peuples « vivent au-dessus de leurs moyens » et à contraindre les gouvernements aux fameuses réformes « qui s’imposent ».

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