Le RSA dans le viseur

L’exécutif prépare les esprits à faire travailler les allocataires du RSA.

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Tout doucement, l’exécutif prépare les esprits à une vieille idée de la droite : faire travailler les allocataires du RSA. Dans un discours prononcé le 13 juin à la Mutualité française, Emmanuel Macron dit vouloir améliorer l’accompagnement des allocataires les plus éloignés de l’emploi et responsabiliser les autres, « qui peuvent revenir vers le travail, mais que rien n’incite ni n’accompagne pour faire ce chemin »

Cela ressemble à une vieille marotte de la droite anti-« assistanat », déjà appliquée dans le département du Haut-Rhin, où les allocataires du RSA ont l’obligation de travailler « bénévolement » sept heures par semaine. Hasard du calendrier, le Conseil d’État a rendu le 15 juin un arrêté validant cette mesure battue en brèche par le précédent gouvernement. À moins que la formule choisie ne ressemble davantage aux « territoires zéro chômeur de longue durée », imaginés par ATD Quart Monde, où les personnes peuvent travailler dans des « entreprises à but d’emploi », pensées pour les accompagner. Seule certitude, le plan pauvreté en préparation se fera « sans argent mis sur la table », indique Emmanuel Macron.

Dans le viseur également, les salariés en activité réduite, qui cumulent leur(s) emploi(s) avec une petite allocation chômage. Ce cumul pourrait être limité dans le temps, a esquissé Aurélien Taché, député LREM et rapporteur de la loi chômage à l’Assemblée, devant l’Association des journalistes de l’information sociale. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a lui-même prévenu, le 13 juin, qu’il ne faudrait attendre aucun « grand tournant social » dans les semaines à venir.


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