Migrations : Leur Europe et la nôtre

Complices des morts en Méditerranée, les États d’Europe renient leurs valeurs. Des alternatives sont pourtant possibles.

Les mots généreux et humanistes qui sortaient de la bouche du candidat Macron ont disparu du vocabulaire de la France officielle, désormais alignée sur les axes de pensée des xénophobes. Une posture qui avait valu au gouvernement le soutien des députés FN sur certains articles de la loi asile et immigration. La dérive vient de loin, on l’a appelée la lepénisation des esprits. C’est sous cette pression grandissante depuis les années 1990 que les gouvernements promulguent en moyenne une nouvelle loi sur l’immigration tous les deux ans. Dans les discours, on est même passé de « ne pas accueillir toute la misère du monde » à ne pas accueillir du tout.

Hélas, la France n’est pas seule dans cette dérive. L’extrême droite progresse en même temps que les populismes xénophobes. Une carte politique du continent suffit à prendre la mesure du désastre. Le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer (CSU), va même jusqu’à lancer un ultimatum à sa chancelière Angela Merkel et menace de fermer « immédiatement » les frontières si une solution européenne n’est pas trouvée au sommet de l’UE des 28-29 juin. D’autres États membres ont déjà construit des murs de barbelés le long de leurs frontières. En vérité, tous sont sur une politique de l’endiguement. La dernière rallonge de 3 milliards accordée par l’UE à la Turquie ne vise pas autre chose. Pire, on paie désormais les garde-côtes libyens pour ramener les migrants sur la terre ferme, là où des mafias organisées séquestrent, torturent, rançonnent ou esclavagisent des migrants. Par tous les moyens, on coupe les routes, et quand on n’y arrive pas, on bloque les bateaux de secours : en 2016, ils étaient dix navires humanitaires, aujourd’hui, ils ne sont plus que quatre, dont l’Aquarius, qui a sauvé 28 000 vies en trois ans. Et quand celui-ci continue de secourir, on lui ferme les ports.

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