Assa Traoré fédère les quartiers

La sœur d’Adama, mort lors d’un contrôle en 2016, mobilise pour la marche prévue le 21 juillet à Beaumont-sur-Oise.

Il est midi, un petit groupe se forme au rond de l’Ellipse, dans le quartier de la Grande Borne à Grigny (Essonne).

Des habitants collent des affiches sur les arbres de la place, d’autres s’adonnent aux préparatifs son et vidéo, tous attendent l’arrivée d’Assa Traoré. Deux ans après la mort de son frère Adama, asphyxié lors d’un contrôle d’identité par deux gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), la jeune femme ne lâche rien. Après des étapes à Montreuil, à Sarcelles, à La Courneuve et dans d’autres quartiers populaires ces dernières semaines, le comité La Vérité pour Adama, qu’elle a créé, avait appelé à une rencontre à Grigny ce 14 juillet, afin de mobiliser pour la Marche pour Adama qui aura lieu le 21 juillet à Beaumont-sur-Oise.

C’est Aboubakar Sakanoko, dit Bouba, habitant du quartier pendant trente-trois ans et figure associative de la ville, qui est aux commandes du rassemblement. Très engagé sur le terrain et soutien de la première heure de la famille Traoré, il est à la tête de Zonzon 91, association de prévention de la délinquance chez les jeunes du quartier, et du média associatif Block-out Radio. À ses côtés, Pascal Troadec, lui aussi ancien habitant du quartier et élu chargé de la culture à la mairie de Grigny, accueille les habitants. En musique, dans une ambiance amicale et solidaire, la quarantaine de personnes mobilisées attendent patiemment tandis que des enfants jouent sur la place.

Depuis deux ans, Assa Traoré joue un rôle clé dans la médiatisation du combat. « La démarche d’Assa n’est pas limitée à sa famille : elle incarne la lutte contre les violences policières et leur impunité », résume Pascal Troadec. Depuis quelques mois, cette mère de trois enfants a cessé de travailler pour se consacrer à la cause et au soutien de ses autres jeunes frères, puisque quatre ont été emprisonnés depuis la mort d’Adama. Aînée au service d’une famille comptant 17 enfants, elle témoigne de la solidarité sans faille qui unit la fratrie Traoré. Et elle fédère. Sur le terrain, l’ancienne éducatrice spécialisée sait exactement comment parler aux jeunes, qu’elle connaît. À chaque rassemblement, elle aborde une même technique de mobilisation issue du travail social, qui passe par l’échange en petits groupes, donnant la parole à chacun. Avec ses méthodes et sa personnalité, elle fait l’unanimité parmi les soutiens du comité.

« Assa est courageuse et patiente », commente Kong, membre actif de la radio Block-out. Un sentiment partagé par Maxime, 25 ans, membre du groupe Action antifasciste Paris banlieue, soutien de la famille, venu de Paris avec des amis. « Assa est une femme de caractère, au mental d’acier, qui s’est retrouvée du jour au lendemain sous le feu des projecteurs. Il faut encourager son combat », dit-il.

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