Les Mexicains franciliens célèbrent « un jour historique »

Une centaine de soutiens d'Andrés Manuel López Obrador ont fêté, à Paris, la victoire du nouveau président du Mexique.

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La place de la République avait des accents sud-américains hier, lundi 2 juillet, au lendemain de la victoire d'Andrés Manuel López Obrador. L'élection, avec 53 % des voix, du candidat du Mouvement de régénération nationale (Morena), marque un tournant dans la vie politique mexicaine. Un basculement à gauche inédit après la domination du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), au pouvoir de 1929 à 2000 puis de 2012 à aujourd'hui.

Joie et soulagement chez les partisans parisiens du nouveau Président, réunis sur la place de la République. « ¡ Ganamos ! », ont-ils scandé au pied de la Marianne de bronze, dans un moment à la fois festif et émouvant. À la tribune, un représentant du comité de soutien français à López Obrador a parlé d'une victoire « pour la paix, la paix que nous méritons, que nous construisons depuis tant d'années. Seul le peuple peut sauver le peuple ! », avant de reprendre le slogan de campagne de son candidat : « Primero los pobres » (« Les pauvres d'abord »).

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Éric Coquerel, député France insoumise de Seine-Saint-Denis, est venu saluer « une victoire historique. Pour les internationalistes que nous sommes, c'est toujours un moment heureux quand un président de gauche est élu et que nous le reconnaissons comme porteur de la révolution citoyenne. C'est une victoire contre les inégalités, contre la corruption mais c'est aussi celle d'un patriote contre l'impérialisme américain. » Une référence saluée par de vifs applaudissements.

Le coordinateur du Parti de gauche, qui avait également droit à son drapeau aux côtés de celui du Mexique, a pointé du doigt une « contre-révolution néolibérale en cours en Amérique latine, qui prend des aspects très divers : du coup d'État classique au coup d'État juridique. Que López Obrador gagne au moment où on tente d'empêcher Lula de se présenter au Brésil est un grand signe pour tous les Sud-Américains », s'est-il félicité.

Élu sur un discours fustigeant les « élites », le nouveau président a fait de la lutte « contre la violence et la corruption » son mantra. Dans le respect des institutions, sans toucher à « la liberté d'entreprendre », Andrés Manuel López Obrador promet d'utiliser les milliards d'euros récupérés de la corruption pour favoriser la création d'emplois et le développement de son pays, avec une croissance annoncée à au moins 4 %. « Ce n'est pas un changement de personne mais de modèle de société », a affirmé, depuis Paris, José Manuel Aguirre, du comité de soutien français.


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