Dossier : Aux arbres, citoyens !

Privatisation, la racine du problème de l'ONF

Chargé de la gestion des forêts publiques, l’Office national des forêts connaît une crise qui se répercute sur les agents et les bois.

On entend davantage l’arbre qui tombe que la forêt qui pousse, dit le proverbe. Mais quel bruit fait la forêt publique lorsque sa gestion se privatise ? Le 17 mai, dans cinq villes (Toulouse, Le Mans, Nancy, Mâcon et Avignon) un millier d’agents de l’Office national des forêts (ONF) tentaient de se faire entendre, à défaut d’être écoutés. Chargé de la gestion des forêts publiques, soit de l’exploitation et de l’entretien de quelque 10 millions d’hectares en France, cet établissement français connaît, depuis plusieurs années, une « privatisation rampante », selon les mots des manifestants. Premier signe ? Le statut des travailleurs, estiment les syndicats.

« On a connu une période de réduction drastique des effectifs, raconte Philippe Canal, du Syndicat national unifié des personnels des forêts et de l’espace naturel (Snupfen). En trente ans, on est passé de 15 000 à 9 000 postes. Mais, aujourd’hui, on assiste surtout à une transformation des postes. » Le syndicaliste parle de « défonctionnarisation » des emplois. « Historiquement, il y a 60 % de fonctionnaires et 40 % d’employés du privé. C’est dans le code génétique de l’ONF. Mais, depuis deux ans, il n’y a plus de concours pour les fonctionnaires. Les départs à la retraite sont remplacés par des salariés de droit privé, qui deviendront majoritaires. »

Cette transformation affecte le cœur du travail des agents : les fonctionnaires, armés et assermentés, ont un rôle de protection et de surveillance, qu’il s’agisse de lutte contre le braconnage ou de contrôle de l’exploitation. Or, « les tâches du service public passent à la trappe, déplore Gilles Quentin, de la CGT-Forêt. Les missions de l’ONF lui sont conférées par le code des forêts, mais on préfère valoriser les activités rentables ». La faute à une politique de financement de la forêt par la forêt. Les activités liées à la vente du bois occupent donc la majorité du temps des agents.

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