Une nuit de liesse populaire

Dans les rues, des citoyens de tous âges, classes et origines ont célébré dans la ferveur la victoire des Bleus, celle d’une « France multicolore ».

Combien étaient-ils à faire la fête dans les rues entre dimanche soir et lundi matin ? Plusieurs millions, des Champs-Élysées de Paris à la fan-zone martiniquaise de Madiana en passant par le Vieux-Port de Marseille, le stade Chaban-Delmas à Bordeaux ou encore l’espace Georges-Frêche de Mende. Un déplacement massif des foules que seul le ballon rond occasionne.

À Paris, il fallait se rendre tôt aux abords du Champ-de-Mars pour entrer dans la fan-zone de 90 000 personnes. Les plus déterminés sont arrivés dès le lever du jour, pour une finale France-Croatie programmée à 17 heures. À midi, la queue s’étire sur plusieurs centaines de mètres. Ça se bouscule, ça joue des coudes dans l’inquiétude de ne pas pouvoir entrer à temps. Les barrières, tenues par les forces de sécurité, manquent de chavirer. La tension monte avec la température. Au pied des écrans géants, surplombés par la tour Eiffel, circuler dans la foule est difficile. Certains s’assoient pour reposer leurs jambes, ou simplement garder leur place. « Va voir le match chez ta mère si t’as envie de rester assis ! » entend-on. On est alors loin de la fraternité populaire. Mais, à 17 heures, la « magie du foot » réduit à néant ces bisbilles au profit de ce que le sport a de plus beau : la communion de personnes de tous les âges, de toutes les couleurs et de différentes origines sociales, qui ne se réuniraient pas d’ordinaire, ensemble et animées du même espoir.

La moyenne d’âge tourne autour de la trentaine. Beaucoup n’ont pas vécu le France-Brésil du 12 juillet 1998. La rencontre est pourtant dans toutes les têtes. « Tu te rends compte : il y a vingt ans, nos parents étaient là, maintenant c’est nous ! », s’enthousiasme Raphaël. « On en a tellement entendu parler, nous aussi on veut le vivre ! », confie Antoine, drapeau tricolore sur le dos. Chacun des quatre buts des Bleus est une explosion de joie et d’embrassades. Le coup de sifflet final de l’arbitre donne le signal du début de la fête.

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