Mélenchon retrouve l’usage du mot gauche

Après une année à s’installer en leader de l’opposition, La France insoumise délaisse le populisme et savoure les « vents favorables ».

Autres temps, autre humeur. Alors qu’ils avaient clôturé la session parlementaire la rage au ventre et la mine sévère, votant coup sur coup deux motions de censure contre le gouvernement, les députés de La France insoumise (LFI) ont affiché un visage souriant à l’occasion de l’université d’été du mouvement. Pour la deuxième édition de ces rencontres, La France insoumise avait à nouveau investi, du 23 au 26 août, le parc des expositions Marseille-Chanot, sur les terres électorales de Jean-Luc Mélenchon. Et si les 3 200 participants, le soleil et les températures clémentes avaient de quoi renforcer cette décontraction, la raison de la bonne humeur des cadres de LFI est avant tout politique. Enfin ! Au terme d’un an de combats acharnés à l’Assemblée nationale ou sur la place publique, le mouvement a gagné ses galons et est parvenu à exaucer le souhait de son fondateur : passer pour la première force d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron. En témoignent les 130 ateliers de réflexion proposés aux militants et sympathisants du mouvement. Parmi eux, « des élus et représentants de nombreuses forces politiques », indique La France insoumise. Si la présence de Stéphane Peu, député communiste LFI-compatible de Seine-Saint-Denis, n’a rien de surprenant, celle du porte-parole du Parti socialiste, Boris Vallaud, ou, à l’autre bout de l’échiquier, de deux élus Les Républicains – Marianne Dubois et Olivier Marleix – l’est un peu plus. « Que des gens qui ne sont pas d’accord se mettent à discuter passe pour un événement hors du commun », s’est faussement étonné Jean-Luc Mélenchon.

Longtemps critiquée pour sa trop grande radicalité, ses ambitions hégémoniques sur le monde politique français et la personnalité même de son leader, La France insoumise était, à Marseille, la coqueluche aux côtés de laquelle chacun voulait s’afficher. « La perception du mouvement par les autres forces politiques a beaucoup changé : nous ne sommes plus vus comme des farfelus », constate le député de Gironde Loïc Prud’homme. La France insoumise n’a pas ménagé ses efforts pour acquérir sa récente fréquentabilité. Pertinence du programme, régularité dans les propos, travail parlementaire acharné… et surtout beaucoup de chance. À la faveur de l’affaire Macron-Benalla, le groupe parlementaire a pris part à une alliance des gauches parlementaires permettant le dépôt d’une motion de censure commune, le 27 juillet. Cette affaire, inespérée pour l’opposition, a mis en pleine lumière le mouvement, et ses élus s’en étonnent encore. « Nous ne l’envisagions pas si tôt », confirme Adrien Quatennens, député du Nord et figure de proue des insoumis. « En 2017, les Français avaient encore une posture attentiste, le président de la République est arrivé en leur disant qu’il allait tout changer, certains lui ont laissé sa chance », analyse-t-il. Une réforme du code du travail, une baisse des impôts pour les plus fortunés, une loi asile et immigration si nauséabonde qu’elle a (presque) satisfait les élus lepénistes, une privatisation du rail et une affaire de violences commises par un sbire du cabinet élyséen plus tard, l’opinion publique s’est retournée contre le président de la République. Du pain bénit pour ceux qui, durant la campagne présidentielle, les législatives et l’année parlementaire qui vient de s’écouler, ont martelé leur opposition à la politique menée par Emmanuel Macron.

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