Perturbateurs endocriniens : « La petite enfance et la puberté sont des périodes critiques »

Pour le biologiste Jean-Baptiste Fini, le risque sanitaire des perturbateurs endocriniens contenus dans les plastiques est réel. Il préconise d’appliquer le principe de précaution.

Vanina Delmas  • 29 août 2018 abonné·es
Perturbateurs endocriniens : « La petite enfance et la puberté sont des périodes critiques »
© photo : REMY GABALDA/AFP

Jean-Baptiste Fini est chercheur au CNRS, en unité mixte avec le Muséum national d’histoire naturelle spécialisée dans l’évolution des régulations endocriniennes. En 2017, il a intégré le groupe sur les perturbateurs endocriniens à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses).

De quand date la prise de conscience sur la nocivité des contenants et emballages alimentaires en plastique en lien avec la présence de perturbateurs endocriniens ?

Jean-Baptiste Fini : La prise de conscience du monde scientifique concernant les perturbateurs endocriniens remonte au début des années 1990. Mais on a intégré seulement dix ans plus tard qu’il n’y a pas que la reproduction qui est concernée, et que ces leurres hormonaux provenant de toutes les catégories de produits chimiques pouvaient jouer un rôle dans certains types de cancer ou des syndromes métaboliques (obésité et diabète), ou même, plus récemment, dans les perturbations thyroïdiennes lors du développement du cerveau.

La prise de conscience des problèmes relatifs au plastique dans les cantines remonte à 2015 mais ma propre implication date de novembre 2017. Un collectif de parents de Montrouge m’a contacté pour me demander de faire un exposé sur les perturbateurs endocriniens. Ils s’inquiétaient car leurs enfants se plaignaient du goût

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