Rachid Taha est mort

Le chanteur de « Ya Rayah » disparaît à 59 ans, laissant une œuvre métissée et politique.

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Rachid Taha est mort d’une crise cardiaque à 59 ans, dans la nuit du 11 au 12 septembre : cette nouvelle est d’une tristesse sans fond. Les premiers mots qui viennent à l’esprit en pensant à lui sont sincérité, générosité, et espièglerie, des qualités qui se sont mêlées à ses grands talents de chanteur et de musicien.

Né à Oran en 1958, arrivé en Alsace avec ses parents à l’âge de 10 ans, c’est à cette époque qu’il découvre le chaâbi, genre musical très populaire en Algérie. En 1998, il sort un énorme tube, « Ya Rayah », reprise d’une composition signée par l’une des grandes vedettes du chaâbi, Dahmane El-Harrachi, en vogue chez les immigrés algériens.

Rachid Taha goûtait le mélange de mélodies traditionnelles et de sons râpeux, rock, techno ou punk. Dans l’un de ses meilleurs albums, Tékitoi, sorti en 2004, il a repris « Rock the Casbah » des Clash sous le titre « Rock el Casbah ». Et il pouvait passer, dans un même concert, d’Oum Kalsoum à Elvis Presley.

Fondateur du groupe Carte de Séjour dans les années 1980, Rachid Taha et ses acolytes avaient fait scandale en reprenant « Douce France », une chanson de Charles Trenet créée sous l’Occupation. C’était une manière incisive d’évoquer la situation des jeunes Franco-Maghrébins en France et de rejeter les assignations identitaires. Il avait aussi participé, à la même époque (1983) à la Marche pour l'égalité et contre le racisme.

Rachid Taha ne lâchait rien. Il préparait un nouvel album, chez Believe, dont le premier single devait s’intituler : « Je suis africain ». Africain et universel.


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