Sortir de l’impasse capitaliste

Le capitalisme tire sa résilience de sa capacité à faire adhérer les populations à sa dynamique.

La démission de Nicolas Hulot marque un triple échec, bien au-delà du sien face aux lobbys et à un gouvernement aux ordres de la finance. La société tout entière est confrontée à trois défis qu’elle ne sait pas ou ne veut pas affronter.

Le premier, le plus fondamental car il détermine largement les deux autres, est la réticence – sinon le déni – à voir dans la dégradation écologique et le réchauffement du climat un effet direct du capitalisme, cette « immense accumulation de marchandises » (Marx) sans autre boussole que la course au profit. Jusqu’aux trois quarts du XXe siècle, le capitalisme surmontait ses crises et relançait son accumulation en éliminant ses maillons faibles, en concentrant le capital et en concédant des hausses de salaires qui stimulaient les débouchés et une régulation publique qui encadrait le marché. Dans un monde que la circulation des capitaux a globalisé tout en dévoilant ses limites, l’accumulation de capital patine et trouve un palliatif temporaire dans les placements financiers et la marchandisation des biens publics et communs. La monnaie est alors confisquée au service de la financiarisation et de la centralisation des rentes tirées des nouvelles techniques. Mais le mirage de la croissance verte se heurte à la difficulté de faire jaillir toujours plus de valeur d’une force de travail trop exploitée, sur une base naturelle épuisée. Le monde atteint le bout de la marchandisation « de la terre, du travail et de la monnaie » (Polanyi).

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