Une marée de déchets menace la planète pour 2050

Cette prédiction émane d'un rapport alarmant et pessimiste de la Banque mondiale.

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Les déchets produits dans le monde devraient se monter au minimum à 3,4 milliards de tonnes en 2050. Alors qu’ils ont atteint les 2 milliards de tonnes en 2016. Ce calcul effarant n’émane pas d’une grande association environnementaliste mais de la Banque mondiale qui, dans un rapport, précise que l’augmentation la plus importante se situera en Asie et en Afrique subsaharienne. La plus grosse accumulation devrait être constatée en Asie du Sud-Est où, faute d’être collectés et éliminés, les déchets devraient doubler d'ici 2050. L'accroissement des déchets et des ordures sera triplé en Afrique.

Silpa Kaza, spécialiste des déchets en zone urbaine et auteure principale du rapport de la Banque mondiale explique :

Nous devrions prêter attention à cette menace car si aucune action n’est entreprise pour faire face à cette accumulation, elle aura des conséquences importantes pour la santé, pour la productivité, l’environnement et les conditions de vie de centaines de millions de personnes dans les pays pauvres.

Mais les pays riches doivent aussi prendre en considération cette menace, même s’ils ne représentent que 16 % de la population mondiale, ils « produisent » 34 % des déchets mondiaux. La Chine doit aussi prendre des mesures car depuis 2004 sa production de déchets dépasse largement les quantités d’ordures générées par les Etats-Unis.

Une plaie urbaine

Le rapport de la Banque mondiale souligne que cette crise des déchets concerne surtout les zones urbaines, en pays riches comme dans les pays en voie de développement, car partout il est actuellement constaté que dans les zones rurales la marée montante de ces déchets croit plus lentement. Parce que partout les « ruraux », pour des raisons économiques, achètent moins de produits emballés ou en boîtes et ont aussi un plus haut niveau de recyclage et de réutilisation. Ce qui ne peut pas compenser la production de déchets par les urbains qui concerne déjà la moitié des habitants de la planète. Une menace car en 2050 le nombre ses personnes vivant en ville sera aussi important que toute la population mondiale en l’an 2000.

Les auteurs du rapport ne se font aucune illusion sur les solutions qu’ils préconisent pour les recyclages et la diminution des déchets. Seuls 4 % d'entre eux sont actuellement recyclés dans les pays du sud qui se transforment en vastes champs d’ordures, dont près de 20 % sont constitués de plastiques indestructibles pour des millénaires. Cela incite l’auteure du rapport à rappeler qu’il serait, maintenant et à terme, moins couteux de réduire les déchets que de faire face aux difficultés sanitaires et environnementales qu’ils entraînent.


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