Comprendre le Yémen

Avec Yémen. Écrire la guerre, Franck Mermier échappe aux lectures idéologiques pour restituer ce conflit complexe.

C’est devenu un cliché : la guerre oubliée. C’est pourtant une triste réalité. Le martyre du Yémen passe comme un reproche furtif dans notre actualité. Le pays le plus pauvre, mais aussi le plus peuplé, de la péninsule arabique nous intéresse peu. La guerre qui s’y déroule depuis le début des années 2000 est éclipsée par les autres conflits du Moyen-Orient, en particulier, depuis 2011, en Syrie. Sans doute l’ancien royaume de Saba est-il stratégiquement moins important pour les Occidentaux que la Syrie, l’Irak ou Israël-Palestine. Mais une autre raison explique notre indifférence. Le Yémen est le théâtre d’un conflit infiniment complexe. L’esprit cartésien ou faussement marxiste, qui aime les oppositions manichéennes, ne trouve guère à quoi s’accrocher.

Comprendre le Yémen suppose le renoncement à pas mal de préjugés idéologiques et des connaissances approfondies de la réalité yéménite. Ces connaissances, l’anthropologue Franck Mermier les propose pour une lecture exigeante. L’ouvrage collectif, et pluriel, qu’il publie sous le titre Yémen. Écrire la guerre, donne la parole à des auteurs yéménites aux subjectivités assumées. Le point de départ de cette tragédie contemporaine est sans aucun doute, paradoxalement, la réunification de 1990 entre Yémen du Nord, pro-occidental, et Yémen du Sud, prosoviétique. Car, comme l’analyse Mermier, « la disparition d’un mur a mis en évidence une multitude de murs invisibles ».

Il reste 53% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents