Dans l’intimité de Prince

L’album posthume Piano & a Microphone 1983 dévoile un artiste d’avant la gloire, inspiré et bouleversant.

Prince compte parmi les artistes les plus « piratés ». Tout au long de sa carrière, son immense productivité a donné lieu à quantité d’enregistrements diffusés on ne sait trop comment et par qui, puis revendus chez les disquaires.

Avant l’avènement d’Internet et même du CD, c’étaient des cassettes inlassablement dupliquées qui circulaient. Le son en était altéré, la musique souvent accélérée, mais, pour les fans, ces cassettes constituaient autant de trésors qui leur permettaient d’entrevoir une facette de leur artiste préféré souvent inconnue de ceux qu’ils appelaient « le grand public ». On y trouvait des concerts donnés la nuit dans des clubs, des morceaux inédits, les premières versions de titres publiés et des répétitions.

Avec Prince, il y avait de quoi faire. Les nouveautés pleuvaient, et découvrir cet artiste revenait à s’adonner à un jeu de piste mêlant enregistrements officiels et marché noir.

Depuis la mort de Prince en 2016, la question des pirates est au cœur de plusieurs débats, d’abord parce que l’éditeur Prince Estate a décidé de mener devant la justice certains de leurs entremetteurs, ensuite parce que le décès de l’artiste donne un accès renouvelé aux coffres de Paisley Park, demeure et studio de Prince à Minneapolis, où des milliers d’enregistrements audio et vidéo étaient contenus dans ce qu’il est de coutume d’appeler le « Vault ».

Un archiviste est dorénavant responsable du fonds, et les questions sur son traitement sont nombreuses. Quels seront les enregistrements retenus pour les disques posthumes ? Va-t-on continuer à découvrir de nouveaux aspects de la carrière de Prince, cette fois-ci dans le cadre d’une diffusion officielle et contrôlée ?

À ces questions, le Prince Estate a répondu à trois reprises. Un single a été publié, « Nothing Compares 2 U » dans sa version originale ; puis un coffret autour de l’album Purple Rain contenant des morceaux inédits, parmi lesquels des pépites (« Wonderful Ass », « Can I f**k with you ? », « Possessed ») ; et récemment ce Piano & a Microphone, point d’orgue absolu de ces sorties. Un disque incontournable.

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