L’espoir se meurt à Gaza

Les sanctions américaines ajoutées au blocus et à la division du territoire créent une situation explosive dans l’enclave palestinienne. Reportage.

Salomé Parent  • 3 octobre 2018 abonné·es
L’espoir se meurt à Gaza
© photo : Les employés de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens se sont mis en grève le 27 septembre.MUSTAFA HASSONA/ANADOLU AGENCY/AFP

D’un geste lent, Omar Shaban souffle la fumée de sa cigarette. Comme beaucoup de Gazaouis, le directeur du centre indépendant d’études stratégiques Pal Think n’a plus beaucoup d’illusions. Après plus de dix ans sous le contrôle du Hamas, la bande de Gaza est aujourd’hui exsangue, et ses deux millions d’habitants en proie à une crise multiforme. Le taux de chômage culmine à 53 %, la population n’a droit qu’à quelques heures d’électricité par jour et les épisodes de violence récurrents font penser qu’un nouvel embrasement, voire une guerre, est possible à tout moment.

« La réconciliation est un processus. » Depuis son bureau de Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, Omar Shaban est l’une des petites mains de l’accord entre le Fatah et le Hamas signé le 12 octobre 2017 au Caire. Malgré quelques signes d’ouverture comme le retour des soldats de l’Autorité palestinienne aux principaux points de passage de l’enclave, le deal est aujourd’hui au point mort. L’économiste veut croire qu’un dernier espoir subsiste, celui de voir éclore une réconciliation qui se ferait « sur plusieurs années ». Mais, dans les rues de Gaza, personne n’y croit plus.

« Chaque heure qui passe est pire que la précédente. Les mauvaises nouvelles se succèdent », explique Amjad Al-Shawa, le directeur du réseau des ONG palestiniennes à Gaza. En contact quotidien avec les Gazaouis, il témoigne

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

Coupe du monde de football : la société civile états-unienne se mobilise contre l’ICE
États-Unis 10 juin 2026 abonné·es

Coupe du monde de football : la société civile états-unienne se mobilise contre l’ICE

Des associations, syndicats et responsables religieux américains se mobilisent contre la présence de la police fédérale de l’immigration, à l’approche de la Coupe du monde de football masculine, qui débute ce 11 juin.
Par Orlando Vinson
Mondial de football : la Fifa ferme encore les yeux sur les droits humains
Décryptage 10 juin 2026

Mondial de football : la Fifa ferme encore les yeux sur les droits humains

Par la voix de son président, Gianni Infantino, l’institution organisant la compétition s’aligne sur la politique xénophobe et violente d’un des pays hôtes, les États-Unis. La proximité entre des régimes autoritaires et la Fifa n’est pourtant pas une nouveauté.
Par Martin Eteve
Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »
Entretien 2 juin 2026 abonné·es

Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »

Celui qui fut ministre de la Culture de l’Autorité palestinienne est né en 1951 à Hébron. Engagé très jeune au sein du Fatah, il a été emprisonné puis contraint à l’exil en France. Il appelle les gouvernements occidentaux à faire pression sur Israël pour que ce pays respecte enfin le droit international.
Par Céline Martelet
Colombie : duel présidentiel entre gauche et extrême droite
Colombie 2 juin 2026

Colombie : duel présidentiel entre gauche et extrême droite

La Colombie s’apprête à vivre un second tour inédit entre gauche et extrême droite. Si Abelardo de la Espriella a déjoué les sondages en arrivant en tête du premier tour, Ivan Cepeda réalise, à gauche, un score historique qui laisse entrevoir une bataille électorale particulièrement serrée jusqu’au scrutin du 21 juin.
Par Sergio Coronado