« Amanda », de Mikhaël Hers : Après le drame

Dans Amanda, de Mikhaël Hers, un jeune homme et sa nièce doivent faire face à une disparition tragique.

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La réalité des attentats qui ont ensanglanté la France trouve désormais une représentation artistique, notamment dans la littérature et au cinéma. C’est le cas avec Amanda, troisième long métrage de Mikhaël Hers, remarqué pour son film précédent, Ce sentiment de l’été. La séquence où David (Vincent Lacoste) découvre la scène du massacre est tout à fait représentative de la manière du cinéaste : sur son vélo, le jeune homme progresse doucement dans la quiétude d’une après-midi ensoleillée. Puis il arrive dans un bois, lieu habituel de pique-niques, où il découvre, d’abord incrédule, des corps éparpillés, ensanglantés, la panique et les larmes.

Amanda (Isaure Multrier) est la nièce, désormais orpheline, de David. Sa mère (Ophélia Kolb), qui s’en occupait seule, est morte sous les balles des assassins. La fillette et le jeune homme se retrouvent seuls, démunis et face à face, secoués par un chagrin dont Mikhaël Hers montre sans outrance les débordements.

Au tout début du film, David, chargé par sa sœur d’aller chercher Amanda à l’école, était arrivé en retard. Symbole d’une certaine nonchalance du garçon vis-à-vis du devoir d’un adulte envers une enfant. Pourtant, il se retrouve contraint de s’occuper d’elle. Amanda raconte une histoire d’apprentissage, de l’un envers l’autre d’abord. Du rôle de chacun ensuite. David doit devenir un homme et peut-être un père. Et Amanda l’accepter.

Cette évolution, non dénuée de heurts, est racontée avec finesse et délicatesse, en particulier grâce au jeu de Vincent Lacoste et de la petite Isaure Multrier. De la façon dont Paris est filmé émane une ambiance feutrée résonnant avec l’intériorité des personnages, comme si la ville, après la tragédie, se remettait très lentement. Amanda est un beau film sur les bouleversements, brutaux ou imperceptibles.


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