« Game Girls » : Quand on n’a que l’amour…

Dans Game Girls, Alina Skrzeszewska montre la vie chaotique d’un couple de femmes dans un quartier déshérité de Los Angeles.

G ame Girls nous emmène dans le pays de Trump, d’Obama et du rêve américain. Des noms et des mots dont il ne sera pas question dans ce film : les protagonistes ont d’autres chats à fouetter. Teri et Tiahna habitent à Skid Row, un quartier de Los Angeles. « Habiter » est beaucoup dire. Skid Row est connu pour être la capitale des homeless aux États-Unis. On y survit dans la misère, la violence et les odeurs pestilentielles. Un lieu qui concentre des Noirs, des pauvres, des trans, des junkies, des alcooliques, des psychotiques, toute une population fragile et reléguée qui, sans être dénuée de solidarités, est désunie. Au moins, Skid Row étant le royaume des marginaux, Teri et Tiahna ne semblent pas y être ennuyées en tant que lesbiennes formant un couple.

Au cours du tournage, Alina Skrzeszewska, dont c’est ici le troisième documentaire, a tout de même pu filmer une manifestation organisée par les habitants. « La ville de Los Angeles est responsable de la pauvreté qui l’envahit », y entend-on. Les violences policières, meurtrières comme on le sait, y sont dénoncées en des termes inouïs : « Les flics sont des terroristes de l’intérieur. » Tandis que les manifestants, quelle que soit leur couleur de peau, reprennent en chantant ce slogan des Black Lives Matter : « La vie des Noirs compte ! »

Voilà pour le contexte, parfaitement posé, et qui transparaît à chaque plan, sans misérabilisme appuyé. Il faut dire que la cinéaste n’a pas une position d’étrangère vis-à-vis de ce quartier. Elle y a vécu pendant un an quand elle était adolescente et y a déjà tourné son premier long-métrage, Songs from the Nickel (2010).

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