« Gilets jaunes » : La gauche cherche la bonne réponse

Les partis sont soucieux de se dissocier de l’extrême droite, et sont tiraillés par l’articulation à trouver entre écologie et justice sociale.

Alors que la gronde des gilets jaunes contre l’augmentation des prix à la pompe s’amplifie et que les appels à bloquer les axes routiers le 17 novembre prochain se multiplient, la discrétion de la gauche est révélatrice des difficultés nées de sa conversion (plus ou moins récente) à l’écologie politique. Si tous les partis s’en réclament désormais, ils doivent ici faire face aux ambiguïtés nées de l’opposition – du moins sémantique – imposée par le gouvernement entre social et écologie. « C’est la difficulté historique que connaissent les Verts, entre “ceux qui ont peur de la fin du monde et ceux qui ont peur de la fin du mois” », résume David Cormand, secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts. « Notre position est de dire que le carbone a un coût et qu’il ne faut pas minimiser son impact sur la santé : cancers, maladies cardiovasculaires, etc. »

Comment, en effet, défendre la protection de l’environnement et le pouvoir d’achat des Français, alors même que le gouvernement, dialectiquement, a choisi de les opposer ? Comment justifier l’utilité, l’impératif d’une fiscalité carbone face à des manifestants qui s’inquiètent pour leur budget ? « Ça me tord le ventre pour l’écologie, mais comment pourrais-je expliquer que cette politique d’imposer les plus faibles est juste ? », s’interroge Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. La question divise autant entre les formations politiques qui composent la gauche qu’au sein des partis eux-mêmes. Alors, iront-ils ou n’iront-ils pas soutenir les gilets jaunes le 17 novembre ?

« C’est un chemin de crête qu’il nous faut emprunter », analyse Clémentine Autain, députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis. « Les réseaux d’extrême droite tentent de s’approprier cette colère », constate-elle, refusant de se rendre dans la rue à l’appel « de Minute et de Marine Le Pen ». Comme l’élue insoumise, des cadres du PS, d’EELV et de Génération·s n’iront pas soutenir le mouvement des gilets jaunes, bien qu’ils assurent tous comprendre les raisons de cette colère. « On ne peut pas renier tout ce qu’on a dit sur la transition écologique. On voudrait expliquer pourquoi, mais c’est difficile de le faire face à des gens qui parlent de prix, de coût de la vie », justifie Yves Contassot, coresponsable du pôle idées et démocratie à Génération·s. Mais alors, faut-il laisser aux partis de droite le soin d’appuyer et d’attiser la colère des Français ? « C’est comme sur la question de l’immigration. La grande question, à gauche, c’est de décider si on accompagne ça, même en offrant une réponse à contre-courant, ou si on tient des positions fermes », analyse-t-il.

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