La Grande Guerre vue d’en bas

Le dessinateur Fredman donne un nouveau souffle aux Carnets de guerre de Louis Barthas, un témoignage empreint d’internationalisme et d’antimilitarisme, pour commémorer l’armistice de 1918.

Ceux qui voudraient célébrer le centenaire de la Grande Guerre par un prêche nationaliste ne le trouveront pas dans Les Carnets de guerre de Louis Barthas, réédités dans une adaptation graphique de Fredman. Ce document passionnant est en effet le récit autobiographique de « cinquante-quatre mois d’esclavage » au fond des tranchées, par un modeste artisan tonnelier de l’Aude, dont la plume nourrit une critique aiguë du militarisme et du nationalisme.

Publié initialement par François Maspero en 1978, le texte a totalisé au fil de ses éditions 150 000 exemplaires vendus et contribué à rendre légitimes les témoignages populaires sur la guerre de 1914-1918, quand les témoins cités étaient auparavant pour la plupart issus de catégories supérieures ou des sphères intellectuelles. La mise en images proposée par Fredman rend ce texte encore plus accessible à celui qui voudra lire et voir la guerre d’en bas.

Le point de vue de Barthas est bien celui d’un homme du peuple envoyé au front contre son gré, mais aussi celui d’un militant socialiste. Il donne donc à lire une vision de classe, internationaliste et antimilitariste, constamment critique de la hiérarchie militaire, qui se sert des classes populaires comme chair à canon. Jusqu’à la désobéissance.

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