Le réveil des peuples de la Terre

Face à la perspective d’une planète déréglée et soumise à des régimes autoritaires, il est possible – et urgent – d’emprunter un chemin de résistance. Quatre pratiques à cultiver ensemble sont ici présentées.

Trois sombres années ont passé depuis la COP 21. Arrangeant avec l’inacceptable, tolérant la présence des lobbys du carbo-capitalisme au cœur des négociations, abandonnant tout mécanisme contraignant au profit d’« engagements volontaires » pour plaire aux États-Unis, l’accord de Paris rappelle un sinistre précédent : Munich.

En 1938, les accords de Munich ont laissé la barbarie progresser et rendu inévitable une catastrophe et une guerre planétaire. L’accord de Paris a lui aussi laissé des forces obscures poursuivre leur politique d’armement (subventions massives aux énergies fossiles) et envahir d’énormes territoires ces trois dernières années : l’équivalent d’un dixième du territoire français de banquise arctique disparaît chaque année, les déserts s’étendent et les forêts reculent. Dans les airs, les émissions de gaz à effet de serre sont toujours à la hausse et la concentration de CO2 dans l’atmosphère a dépassé cet été les 411 parties par million, niveau inégalé depuis des millions d’années. Les océans n’ont jamais été aussi acides et inhospitaliers depuis 300 millions d’années. Les leaders extractivisto-populistes (Brésil, États-Unis) et les puissances carbo-autoritaristes (Russie, Chine, Arabie saoudite) se sont renforcés. En accroissant la malnutrition et la sous-alimentation des enfants, les maladies transmises par des insectes, les diarrhées infectieuses et les stress et suicides liés aux coups de chaleur, les changements climatiques devraient générer près de 300 000 décès supplémentaires par an à partir de 2030. Réveillons-nous !

Devant nous, la perspective d’une Terre déréglée, moins habitable en bien des régions, des États ruinés par des catastrophes climatiques, des mégapoles à déplacer face à la montée des eaux, des centaines de millions de réfugiés ruinés sur les routes, des sous-continents livrés au chaos des guerres civiles et de l’extraction des ressources, et des puissances mondiales et régionales ultra-militarisées. Des régimes autoritaires s’affrontant pour le contrôle des ressources rares et faisant en interne régner une dictature au nom des intérêts vitaux du pays et de la chasse aux étrangers. Leurs élites : toujours les mêmes 1 %. Leur base sociale : des classes moyennes ayant abdiqué liberté et solidarité pour conserver un mode de vie qu’elles savent insoutenable. Chacun·e est discipliné·e à être un bon sujet « smart » et « vert », mais des inégalités énormes sont entretenues entre une plèbe à la vie diminuée et une élite qui continue à surconsommer.

Ce n’est plus de la science-fiction. Il suffit de lire le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) paru le mois dernier, prévoyant + 5,5 °C en 2100 sur la base du « business as usual ». Il suffit d’observer Bolsonaro, Trump, Poutine ou Bezos pour voir poindre le scénario d’un capitalisme partiellement démondialisé et restructuré en blocs post-démocratiques, où l’État militarisé et le pouvoir économique ne feraient qu’un.

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