Les voitures des pauvres chassées du Grand Paris

Le conseil de la Métropole du Grand Paris a décidé que les voitures Crit’Air 5 ou non classées y seront interdites de circulation.

Michel Soudais  • 21 novembre 2018
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Les voitures des pauvres chassées du Grand Paris
© photo : JACQUES DEMARTHON / AFP

À compter du 1er juillet 2019, les voitures arborant une pastille Crit’Air 5 ou non classées seront interdites de circulation sur les 79 communes du Grand Paris ceinturées par la A86. Ainsi en a décidé, le 12 novembre, le conseil de la Métropole du Grand Paris, présidé par Patrick Ollier (LR), en adoptant la mise en place d’une zone à faibles émissions (ZFE) sur ce périmètre.

Ce projet porté par Daniel Guiraud, maire (PS) des Lilas, a été largement approuvé par les groupes LR, UDI, PS et EELV. Le groupe Front de gauche s’est abstenu. Ses élus, essentiellement membres du PCF, tout en reconnaissant l’importance sanitaire pour les 5,6 millions d’habitants de la zone et l’intérêt climatique de cette mesure, souhaitaient accorder un délai plus important aux propriétaires des 234 700 véhicules concernés, dont 118 000 véhicules particuliers, pour en changer.

Ils notent que c’est dans les communes les plus pauvres du Grand Paris que se concentrent ces vieilles bagnoles d’avant 1997 pour les versions essence et 2001 pour les diesel : en avril, le ministère de la Transition écologique en dénombrait 5 990 à Aubervilliers (78 000 habitants), 3 040 à Gennevilliers (43 500 habitants) mais 1 658 à Neuilly (63 300 habitants).

Ces élus jugent insuffisants les dispositifs d’aides au renouvellement des véhicules prévus en accompagnement de cette interdiction pour ces publics. Et s’étonnent que cette mesure soit votée au moment où l’État annonce des retards de travaux sur les nouvelles lignes de métro (ligne 14 et 15 notamment).

Politique
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