Psychanalyse du patrimoine oral

Avec Faces cachées, le quintette vocal Têtes de chien offre une relecture puissante du répertoire enfantin traditionnel.

Après la Psychanalyse des contes de fées (1), voici le passage sur le divan des chansons traditionnelles enfantines. Loin des précipitations discographiques du monde de la chanson, les Têtes de chien jouent sur le temps long. Six ans ont passé depuis leur splendide Portraits d’hommes (Frémeaux, 2012), présenté dans ces pages en novembre 2012. Six années d’intense maturation (nourrie de projets individuels et collectifs pour chacun), dont les Têtes de chien ressortent toujours plus convaincants. Un travail de fond qui donne naissance à un objet vocal décapant : le dévoilement virtuose des « faces cachées » – et même enfouies dans l’inconscient collectif – de nos chansons dites « d’enfance ».

À l’heure où le patrimoine en langue française que l’on appelait autrefois « folklorique » souffre d’un grand désintérêt, dans un mouvement d’« inhibition de sa propre culture », rappelle Grégory Veux, le baryton de la bande, les Têtes de chien s’en emparent et le détricotent avec un regard incisif et un talent fou. Celles et ceux qui demandaient à ces maîtres du désenfouissement des perles anonymes d’interpréter des chansons plus connues pourront se croire un temps servis avec ce disque. Mais ils s’apercevront vite que fredonner « Jean Petit qui danse », « Compère Guilleri » ou « Trois jeunes tambours » avec les Têtes de chien n’est pas une mince affaire. On est à l’opposé de la compilation gentille à offrir au petit neveu en période de sapins éclairés.

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