Dominique A : l’élan vital

Au terme d’une année intense, marquée notamment par la parution de deux albums et d’un livre, le chanteur se confie sur ses doutes et désirs.

En 1992, un jeune homme surgi de nulle part, ou presque, donnait un radical coup de jeune à la chanson française avec La Fossette, premier album d’une éclatante fraîcheur minimaliste. Aussi dépouillé que son univers musical à l’époque, son nom de scène – Dominique A – sonne aujourd’hui encore comme la promesse d’un éternel (re)commencement.

Propulsé chef de file d’une nouvelle génération d’auteurs-compositeurs-interprètes, l’artiste ne s’est jamais reposé sur ses lauriers, ne cessant au contraire de se remettre en question et d’explorer des pistes différentes – au risque (assumé) de nous perdre parfois un peu en chemin. Toutefois, et c’est le plus important, la trajectoire d’ensemble témoigne d’une inflexible fidélité à soi-même.

Outre La Fossette, la discographie de Dominique A compte plusieurs jalons majeurs – La Mémoire neuve (1995), Remué (1999), La Musique/La Matière (2009) et Éléor (2015) – auxquels s’ajoute le coffret rétrospectif Le Détour (2002). Elle s’est enrichie en 2018 de deux nouveaux albums, Toute latitude et La Fragilité, à six mois d’intervalle, le premier très électrique et le second plus intimiste.

Émaillée de concerts réguliers, dont deux à la Philharmonie de Paris au printemps, l’année 2018 a également vu la parution du livre Ma vie en morceaux, bel autoportrait fragmenté de Dominique Ané, chaque chapitre correspondant à une chanson de son alter ego Dominique A. Enfin, sur le plan personnel, 2018 a marqué le franchissement du cap symbolique des 50 ans – précisément le 6 octobre.

Comment vivez-vous le passage du temps et que représente pour vous le fait d’avoir 50 ans ?

Dominique A : Je le vis assez mal, comme beaucoup de monde ! Dans mon entourage, d’autres en font l’expérience et ce n’est anodin pour personne. Ma vie n’a pas changé radicalement pour autant. M’inquiètent surtout les années à venir : le problème n’est pas tant que j’ai 50 ans aujourd’hui, mais que j’en aurai 70 dans vingt ans… Je pressentais un peu tout cela, et ma suractivité des derniers mois y est assurément liée. Pour moi, c’était un peu une manière de faire passer la pilule, de ne pas trop laisser de prise à cette inquiétude, mais ça ne marche pas vraiment (rires). À vrai dire, le passage du temps et la fin me travaillent depuis longtemps. Une de mes premières chansons, celle qui m’a fait connaître (Le Courage des oiseaux), commence par « Dieu que cette histoire finit mal »…

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