L’impôt révolutionnaire réhabilité

Ce que demandent justement les gilets jaunes, c’est d’être entendus par les pouvoirs publics.

La Révolution française comme la Révolution américaine ont été provoquées par des révoltes fiscales. Le mouvement des gilets jaunes a ainsi des racines profondes dans notre histoire. Car c’est une révolte populaire contre un pouvoir politique autoritaire qui a bafoué les deux principes fondamentaux de la fiscalité tels qu’ils ont été énoncés par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Le premier principe est une exigence de justice : l’article 13 stipule que l’impôt est une « contribution commune qui doit être également répartie entre tous les citoyens, en fonction de leurs facultés ».

Emmanuel Macron a débuté son mandat en imposant des mesures fiscales iniques au profit des plus riches, avec la suppression de l’ISF et la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (flat tax) de 30 % pour les revenus du capital, qui ne sont plus soumis à l’impôt progressif. Ce qui a provoqué immédiatement un sentiment légitime d’injustice fiscale. Mais l’actuel président n’a fait qu’aggraver le caractère inégalitaire du système fiscal en France (1). Il faut rappeler que la TVA apporte à elle seule plus de 50 % des ressources de l’État. Or, les impôts indirects sur la consommation sont régressifs : ils pèsent davantage sur les pauvres que sur les riches, qui consomment une moindre part de leurs revenus. La taxe sur les carburants, qui est à l’origine de la révolte des gilets jaunes, est également une taxe sur la consommation, donc régressive. La France est l’un des pays où les impôts directs sur les revenus sont les plus faibles, en comparaison avec la plupart des pays avancés ; or, ce sont les impôts les plus redistributifs, donc les moins injustes…

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