Smic, CSG… gare à l’enfumage

Macron tente d’afficher des gestes forts, mais se contente d’accélérer son calendrier. Sa politique économique va se durcir.

En agitant, lundi 10 décembre, « une augmentation de 100 euros par mois » pour les smicards et une annulation des prélèvements supplémentaires sur les retraites modestes, Emmanuel Macron a en réalité enrobé des annonces déjà connues, des mesures automatiques avec quelques demi-renoncements. Le bénéfice pourrait être bien réel pour une partie des Français, mais l’application de ces annonces reste pour le moins floue et leur financement fera de nombreux perdants.

Vraie-fausse hausse du Smic

Le chiffre de 100 euros supplémentaires pour un salarié au Smic est un affichage, qui, si on comprend la communication chaotique du gouvernement, cache une augmentation légale de 25 euros au 1er janvier, correspondant à l’inflation. Sans hausse de pouvoir d’achat donc. Conjuguée à une augmentation de 75 euros de la prime d’activité (qui passera de 155 à 230 euros pour un salarié au smic). Emmanuel Macron promettait une hausse plus importante encore dans son programme et avait déjà annoncé ce coup de pouce en septembre avec le « plan pauvreté ». Le calendrier est néanmoins accéléré, car cette hausse devait initialement prendre trois ans.

Le gain sera réel pour les 2,6 millions de salariés qui touchent cette prime, dont le montant varie selon les revenus. Le dispositif a néanmoins plusieurs défauts. Il exclut les plus pauvres, qui gagnent trop peu pour toucher la prime : 300 000 ménages gagnant la moitié d’un Smic perçoivent une prime réduite ou nulle. Elle est calculée sur l’ensemble des revenus du foyer et ne concerne donc pas l’ensemble des salariés au Smic. Et elle n’est pas soumise à cotisation, ce qui l’exclut du calcul des retraites et des congés maladie.

Enfin, elle n’a pas les mêmes effets globaux qu’une hausse du salaire minimum, car elle n’entraîne pas d’augmentation mécanique des salaires situés au-dessus. Au contraire, la prime d’activité peut être vue comme un moyen de subventionner les embauches à bas salaire, alors que les entreprises sont déjà exonérées en quasi-totalité des cotisations sur les salaires au Smic, notamment grâce au « crédit impôt compétitivité » (CICE), mesure chère au président Macron.

Ce mardi, au Sénat, Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics affirmait que le gouvernement ferait dans les prochains jours « une proposition pour faire en sorte que les salariés au Smic qui ne touchent pas la prime d'activité aient une hausse de 100€ sans hausse de charge pour les employeurs ». La prime d'activité ne concerne en effet que 27 % des salariés au smic. Mais couvrir les 2 millions de salariés au smic serait non seulement une gageure législative, tant l'impréparation règne et le calendrier est serré, mais elle se chiffrerait également en milliards.

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