Solidarité : une victoire et des revers

S’appuyant pour la première fois sur le « principe de fraternité », la Cour de cassation a annulé la condamnation de Cédric Herrou.

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« Après deux ans de procès agités, nous avons été entendus par la Cour de cassation » : Cédric Herrou, cet agriculteur de la vallée de la Roya devenu l’emblème de la solidarité envers les migrants, ressent un vrai sentiment de justice puisque, le 12 décembre, la plus haute instance de l’ordre judiciaire, s’appuyant pour la première fois sur le « principe de fraternité » reconnu le 6 juillet par le Conseil constitutionnel, a partiellement annulé sa condamnation et celle d’un autre militant qui avait été condamné en appel pour avoir porté assistance à des migrants. Tous deux seront donc rejugés devant la cour d’appel de Lyon.

Le même jour, en Belgique, le tribunal bruxellois rendait son verdict dans le « procès de la solidarité ». Douze personnes, dont trois citoyennes belges, étaient accusées de « trafic d’êtres humains » et de participation à une « organisation criminelle ». Quatre ont été acquittées, mais les migrants poursuivis ont été condamnés à des peines de 12 mois à 40 mois avec sursis et à des amendes dépassant l’entendement. « Ce procès a réaffirmé une frontière déjà bien existante dans notre société : celle qui distingue citoyen·ne·s hébergeur·se·s et étranger·e·s migrant·e·s. Si la solidarité des premiers est bien reconnue, celle des migrants reste aujourd’hui criminalisée », a écrit le collectif Solidarity is not a crime.

Le lendemain, douche froide pour les « 7 de Briançon ». Le tribunal correctionnel de Gap les a déclarés coupables d’aide à l’entrée sur le territoire d’une personne en situation irrégulière. Benoît, Théo, Bastien, Lisa et Eleonora ont été condamnés à six mois avec sursis. Juan et Mathieu à douze mois d’emprisonnement dont quatre ferme. Surréaliste.


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