Dossier : Amérique latine, Afrique, France : Travailleuses domestiques de tous les pays…

Bolsonaro contre les « petites mains »

En 2013, la « loi des domestiques » avait permis aux Brésiliennes concernées de travailler en étant déclarées. Avec la crise et le nouveau président d’extrême droite, leurs droits sont menacés.

I ls vont devoir apprendre à faire leur lit », lâche Áurea, ex-employée de maison qui retrace sa vie dans le documentaire Elle fait presque partie de la famille (1), réalisé en 2013, année du vote de la loi qui inclut les domestiques dans la législation du travail. « À l’époque, la situation économique permettait aux travailleurs d’exiger de meilleurs salaires et des droits jusqu’alors inexistants pour cette catégorie », explique Luciano Onça, coréalisateur de ce court-métrage qui analyse la complexité des relations patrons-employées. Champion du monde du travail domestique, avec 6 millions de personnes concernées selon l’Organisation internationale du travail (OIT), dont 96 % de femmes, le Brésil est encore profondément marqué par l’esclavage, aboli il y a 130 ans.

Pour Eliana Menezes, à la tête du Syndicat des travailleurs domestiques de São Paulo, cette loi est une « seconde abolition de l’esclavage ». En 1943, le gouvernement de Getúlio Vargas avait promulgué une législation du travail excluant les employés de maison. En 2013, la loi proposée par la présidente Dilma Rousseff, du Parti des travailleurs (PT), leur accorde la semaine de 44 heures, un treizième mois, le droit aux heures supplémentaires au-delà de 8 heures par jour, un congé maternité et une retraite. Les domestiques deviennent presque du jour au lendemain des salariées avec des droits, et non plus seulement des petites mains invisibles et corvéables à merci. Autrement dit, elles ne font plus « partie de la famille », comme le laisse entendre cette expression paternaliste souvent employée au Brésil par les classes moyennes ou supérieures. La très conservatrice revue Veja montre en couverture un mari en cravate et tablier, l’air penaud, en train de faire la vaisselle et avertit : « Vous, demain ! » Et de proposer un dossier complet pour comprendre comment déclarer son employée.

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