Le paradoxe de Netanyahou

L’historien Jean-Pierre Filiu analyse la politique de régression démocratique du Premier ministre israélien et ses effets pervers.

S’il conserve, comme c’est probable, une majorité lors des élections générales anticipées du 9 avril, Benyamin Netanyahou battra le record de longévité politique du père de l’État d’Israël, David Ben Gourion, et, accessoirement, échappera aux affaires de corruption qui le fragilisent. Mais il pourrait alors se heurter aux limites de l’impasse qu’il a lui-même créée en quatre mandats de Premier ministre.

C’est un processus de « régression démocratique » que Jean-Pierre Filiu analyse au long d’une enquête très documentée qui retrace l’itinéraire de « Bibi », comme l’appellent les Israéliens. Fils d’un dirigeant de l’Irgoun, organisation sioniste terroriste, il est l’héritier politique de Zeev Jabotinsky (1880-1940), le fondateur du courant révisionniste du sionisme, l’homme qui rêvait d’absorber la Transjordanie (l’actuelle Jordanie) dans le grand Israël. Cela suffirait à expliquer la pugnacité avec laquelle Netanyahou a torpillé toutes les initiatives de paix depuis Oslo, en 1993, et la campagne de haine qu’il a orchestrée contre Yitzhak Rabin, avec le résultat que l’on sait, et jusqu’à liquider la solution à deux États. Le voilà aujourd’hui otage consentant des colons les plus extrémistes.

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