Oh les sales bêtes !

Avec ses présences animales spectaculaires en déchets récupérés, Bordalo II interpelle sur la surconsommation. Rencontre avec un street artiste éco-activiste, frappeur et frappant.

Artur Bordalo tient un bout de tuyau jaune. « Je l’ai ramassé en arrivant… » Les autres déchets, morceaux de plastique, panneaux de bois, filets de pêche, cordes et jouets en tas autour de lui dans cet entrepôt de 700 m², il les a rapportés pour l’exposition. Il a déjà montré son travail dans plusieurs villes, dont San Francisco et Lisbonne. À Paris, son castor de huit mètres accroché rue du Chevaleret a marqué les rétines en mai 2017. Mais ­Bordalo II n’avait encore jamais réuni en France plusieurs de ses œuvres dans un espace dédié.

L’événement qui ouvre le 26 janvier s’intitule « Accord de Paris ». Ce nom, qui pourrait renvoyer à ses polychromies, épingle surtout l’accord bafoué sur le climat. Pas un hasard si Bordalo II (le premier était son grand-père) a choisi l’Hexagone pour lancer une « exposition manifeste ».

« Les jeunes générations ont intégré le recyclage. Quand j’étais petit, ça n’était qu’un objectif, remarque cet artiste lisboète né en 1987. Mais c’est devenu un minimum. Il faut certes poursuivre, mais passer à l’étape suivante : réduire notre consommation. » Street artiste passés par les Beaux-Arts, auteur d’une série « trash animals » en ordures récupérées, il s’inscrit dans une forme d’éco-activisme.

© Politis

S’il est désormais invité par des villes ou des mécènes à créer des œuvres sur des façades, Bordalo II a commencé sans autorisation. « J’ai fait mes premiers graffitis à 11 ans. Aujourd’hui, je suis sollicité pour des installations. Mais je me sens libre de créer une pièce où l’envie me prend. » Et pas qu’en ville : son pélican niché sur le flanc d’une épave de cargo compte peut-être parmi ses œuvres les plus spectaculaires. La première tempête a fait s’échouer l’oiseau géant sur la plage. Mais l’éphémère fait partie du jeu : son castor parisien a été détruit avec l’immeuble qui le portait. Le renversement des regards aussi : à Las Vegas, il a installé un pingouin. L’idée lui a plu de dresser cette victime de la fonte des glaces dans une ville en surchauffe.

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