Place au doc
À Biarritz, le Fipadoc entame sa première édition avec une centaine de films. Un programme ambitieux, de Rithy Panh à Didier Cros.
dans l’hebdo N° 1537 Acheter ce numéro

D isons que j’étais mort, et tous les miens aussi, ou presque. […] Qui fera le deuil de vivre ? interroge Rithy Panh dans le chapitre liminaire de ce documentaire, Les Tombeaux sans noms. Pas moi. J’ai voulu aller avec les morts. Non pour m’allonger auprès de ma mère, sur les planches de bois, et auprès de mes sœurs disparues, et de mon père affamé, et de ma petite-nièce qui croquait du sel, et de mes petits-neveux, et auprès de mon frère, avec sa mèche et sa guitare, qui me sourit depuis la capitale des morts. » Morts de l’idéologie qui blesse, martyrise, détruit, « avec une telle vitesse et au nom d’une telle pureté » que cette mort peut se trouver « même en un paysage tranquille ». Celui du Cambodge.
Dans des couleurs ambrées, sur des