Un berger et deux perchés à l’Élysée ?

Pierre Carles et Philippe Lespinasse suivent Jean Lassalle dans sa campagne présidentielle.

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C’est en réalisant son film précédent sur l’ex-président équatorien et antilibéral Rafael Correa que Pierre Carles a commencé à s’interroger de façon insistante : Jean Lassalle ne pourrait-il pas être en France l’équivalent d’un Chavez ou d’un Correa ? Hypothèse farfelue ? Un peu, il faut bien l’avouer. Et Pierre Carles, qui s’est adjoint pour l’occasion un ami réalisateur, Philippe Lespinasse, ne semble pas très loin lui non plus de le penser. Néanmoins, les deux hommes vont à la rencontre du plus connu des bergers des Pyrénées pour lui proposer de le suivre (et même de l’aider) dans sa campagne pour l’élection présidentielle, à laquelle il a décidé de se présenter.

Un berger et deux perchés à l’Élysée ? n’est donc pas dénué du côté potache qui caractérise le cinéma de Pierre Carles. Le cinéaste endosse à dessein une certaine naïveté vis-à-vis des potentialités révolutionnaires de Jean Lassalle, même si celui-ci est ami avec… André Chassaigne (PCF). Mais, au-delà de ce pari burlesque, le film propose un portrait de cet homme politique atypique, incontrôlable et sympathique, à mille lieues de l’image médiatique qui en est habituellement donnée. Fidèle à son village et à sa mairie de Lourdios-Ichère, dans la vallée d’Aspe, sans appui ni argent, Lassalle est un candidat sincère, convaincu qu’il faut combattre les excès du capitalisme financier. Mais, faisant confiance à son instinct, il n’est pas à l’abri d’erreurs. Son voyage en Syrie pour rencontrer Bachar Al-Assad relève de la catastrophe, dont le film lui-même ne se remet pas.

Un berger et deux perchés à l’Élysée ?, Pierre Carles et Philippe Lespinasse, 1 h 41.


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