« Un grand voyage vers la nuit » : Du plus loin de l’oubli

Un grand voyage vers la nuit, du réalisateur chinois Bi Gan, est un périple, en partie en 3D, au cœur de la mémoire et du rêve.

Dans le dossier de presse, Bi Gan évoque sa frustration ressentie en tournant Kaili Blues (2015) – son précédent et premier long-métrage –, due au manque d’argent qui lui a interdit d’aller au bout de son projet. Pourtant, ce film a imposé d’emblée le nom du jeune cinéaste aujourd’hui âgé de 29 ans, offrant déjà un extraordinaire voyage au spectateur aventureux. La fluidité de la mise en scène faisait exploser le rapport au temps, rendait indistincts le passé et le présent, mêlait la prose du quotidien au fragment de l’onirisme. Un grand voyage vers la nuit est le prolongement hyperbolique de Kaili Blues, une expérience sensorielle puissance 10, de nouveau fondée sur une exploration des arcanes de la mémoire et du rêve.

Luo Hongwu (Huang Jue), dont on devine les antécédents de tueur, revient dans sa ville de Kaili pour retrouver la trace d’une femme aimée. Il est aussi question d’un meurtre commis naguère, celui de son ami Le Chat, resté non élucidé. Les recherches de Luo Hongwu ne prennent aucun chemin traditionnel. Elles ressemblent à une enquête à la Modiano, l’une des influences artistiques revendiquées par Bi Gan, une autre étant l’œuvre de Chagall.

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