Venezuela : Coup de poker explosif

En s’autoproclamant Président, le député Juan Guaidó rompt l’apathie de l’opposition politique au très contesté Nicolás Maduro, mais prend le risque d’une escalade violente.

Contrairement aux apparences, la crise politique au Venezuela n’avait pas encore touché le fond. Mercredi 23 janvier, devant une petite foule de 3 000 sympathisants, Juan Guaidó lève la main droite pour s’autoproclamer, dans les termes consacrés, président de la République par intérim. Le jeune député, qui vient de prendre la présidence tournante d’une l’Assemblée nationale acquise à l’opposition, justifie son initiative en dénonçant comme « illégitime », avec l’ensemble de son camp, la réélection de Nicolás Maduro lors du scrutin présidentiel contesté de mai 2018.

Cette initiative spectaculaire a pris les protagonistes par surprise : depuis de nombreux mois, les principaux détracteurs du Président, divisés, emprisonnés ou exilés, se trouvaient plongés dans la résignation après de nombreuses tentatives de destitution de l’héritier d’Hugo Chavéz. Cependant, l’investiture officielle de Maduro pour un second mandat, le 10 janvier, a soudainement réactivé les protestations de rue, que les forces de l’ordre ont très violemment réprimées. On dénombre déjà une trentaine de morts depuis le début du mois. L’épisode sanglant du printemps 2017 s’était soldé par plus de 100 tués.

Et puis Guaidó a enregistré le soutien immédiat des États-Unis ainsi que du Canada, de l’Australie, d’Israël et d’une dizaine de présidents latino-américains de droite, qui l’ont reconnu comme nouveau chef de l’État. Six pays de l’Union européenne (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Portugal et Royaume-Uni) ont annoncé suivre le mouvement au cas où Maduro ne convoquerait pas de nouvelles élections sous huit jours – ultimatum qu’il a rejeté dans la foulée, soutenu sans surprise par Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, rejoints par le Mexique du nouveau président de gauche Lopéz Obrador, mais aussi la Russie, la Chine et la Turquie, entre autres.

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