Zone à défendre

Au confluent du rock et de la musique arabe, avec une très grande liberté, le duo Interzone sort son splendide quatrième album, Kan Ya Ma Kan.

Depuis la fin de Noir Désir, Serge ­Teyssot-Gay – qui fut le guitariste et l’un des piliers du groupe bordelais au sombre destin – se livre (hyper) activement à une palpitante quête musicale, excédant de loin le périmètre du rock. Parmi ses multiples projets, menés en solo ou en collaboration avec d’autres musiciens ou écrivains (ou avec le peintre Paul Bloas), Interzone occupe une place de choix. Unissant Serge Teyssot-Gay avec l’oudiste et chanteur syrien Khaled Aljaramani, ce duo développe depuis plus de quinze ans un langage musical fondé sur l’interpénétration de deux univers différents, a priori très éloignés l’un de l’autre : le rock et la musique traditionnelle arabe.

« Notre musique s’est forgée sur un principe de mise en partage équitable, explique Serge Teyssot-Gay. Nos deux premiers albums ont été composés de la même façon : à tour de rôle, chacun de nous proposait un thème, à partir duquel nous construisions un morceau. C’était vraiment une question de politesse entre nous. Nous étions tous les deux curieux de voir ce que nous pouvions tenter ensemble comme expériences. »

La rencontre initiale a lieu en avril 2002 à Damas, Noir Désir venant y jouer dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient. Au cours d’une soirée organisée à cette occasion chez Sylvain Fourcassié, alors directeur du Centre culturel français de Damas (1), Serge Teyssot-Gay assiste à un concert de Khaled Aljaramani et ce qu’il entend le subjugue. Un an et demi plus tard, en octobre 2003, les deux hommes ont l’occasion de faire de la musique ensemble pour la première fois, à la faveur d’une brève résidence. Révélant une entente profonde, à la fois spontanée et durable, tant sur le plan humain que sur le plan musical, cette expérience va ouvrir une période d’intense collaboration.

« Nous avons joué ensemble quatre soirs, en interprétant chaque fois un morceau différent, se souvient Serge Teyssot-Gay. À l’issue de cette résidence, j’ai demandé à Khaled s’il avait une envie particulière par rapport à ce duo, et il m’a répondu qu’il aimerait bien jouer une fois dans sa vie en Europe. J’ai pu le faire venir quelques mois après pour deux concerts à Mains d’œuvres, à Saint-Ouen, la ville où j’habite. En amont, nous nous sommes retrouvés pendant cinq soirs et nous avons créé cinq nouveaux morceaux. Après les concerts, tout s’est enchaîné très simplement : un label (Barclay) nous a proposé de sortir un album, et un tourneur (Alias) d’organiser une tournée. »

Il reste 57% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Le bac des uns et le bac des autres

Culture
par ,

 lire   partager

Articles récents