Cohésion sociale : réparer ou transformer ?

Le territoire de Plaine Commune, en Seine-Saint-Denis, est emblématique du rôle innovant et dynamisant de l’ESS dans les quartiers les moins favorisés.

Une large part des structures de l’ESS sont nées dans les sillons de la politique de la ville, des « quartiers en difficulté », de la rénovation urbaine, bref, d’un besoin de « cohésion sociale ». L’établissement public territorial Plaine Commune (regroupant les neuf communes de l’arrondissement de Saint-Denis) en est un exemple. Sa croissance démographique témoigne de son dynamisme. Selon l’Insee, le nombre d’habitants a crû d’1,2 % en moyenne par an entre 2006 et 2011, contre 0,5 % à l’échelle régionale. La population est jeune : en 2011, les moins de 30 ans représentaient plus de 45 % de la population. Autre atout de taille, la diversité de la population : 30 % des habitants sont de nationalité étrangère, ce qui confirme la tradition d’accueil de Plaine Commune, où cohabitent plus de 130 nationalités.

En parallèle, Plaine Commune a vu sa vitalité économique se déployer largement. La croissance annuelle du nombre d’emplois s’est élevée à 6 % entre 2006 et 2011, contre 0,5 % en Île-de-France. Et la vocation universitaire de ce territoire constitue un atout supplémentaire. Mais sa trajectoire ascendante n’a qu’insuffisamment bénéficié aux habitants. Si des actions en matière de politique de la ville ont été réalisées, principalement en rénovation urbaine, des efforts restent à poursuivre dans le champ de la cohésion sociale.

De fait, la dynamique de rénovation urbaine de Plaine Commune est importante : en 2014, plus de 40 % du territoire a fait l’objet de projets d’aménagement, dont les 24 portés par l’Anru (1) constituent la colonne vertébrale. Le contrat territorial de rénovation urbaine (CTRU) représente un investissement financier d’1,6 milliard d’euros assumé par les collectivités, l’État et les bailleurs sociaux.

En accompagnement de ce processus, les acteurs de la politique de la ville ont mené neuf contrats urbains de cohésion sociale (Cucs) communaux et le Cucs communautaire.

Proximité

Mais, dans un contexte où 70 % de la population relève de la « politique de la ville » (soit 260 000 habitants), on observe une persistance de la précarité sociale, un tissu urbain très marqué par les grands ensembles collectifs et d’importantes concentrations d’habitat dégradé, une inadéquation croissante entre offre et demande d’emploi sur le territoire, un phénomène de décrochage scolaire important et, plus généralement, un ressenti ambivalent des habitants vis-à-vis de leur territoire, entre attachement fort et sentiment de relégation et d’insécurité.

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