Cultiver bien pour manger mieux

Une agriculture durable, c’est aussi une alimentation de qualité pour tous. Les modèles alternatifs sont des ferments d’égalité.

La question de l’alimentation est redevenue un marqueur social et un enjeu politique, qu’il s’agisse d’une exigence de qualité, avec ses implications sanitaires et écologiques, ou de l’accès à une nutrition élémentaire, longtemps perçu comme évident mais remis en cause par la montée des inégalités et de la pauvreté. L’évolution de la production agricole est donc une problématique politique majeure. Les grandes coopératives agricoles poursuivent leur course à la taille, semblant perdre de vue le sens de leur mission et la réalité de la terre. Sans réellement intervenir dans leur conduite, les paysans y sont souvent réduits au vieux système de la fabrique : ils reçoivent d’elles les intrants et leur livrent les produits – ces produits qu’ils disent ne même pas manger si on les interroge. La FNSEA, syndicat majoritaire, cautionne ces évolutions. Le marché et les intérêts financiers des grands groupes, devenus parfois des multinationales, dominent. Au sein de ce système, les dimensions démocratiques et sociales, et la promotion d’une agriculture durable, y trouvent mal leur compte, malgré les efforts actuels de Coop de France.

D’autres paysans cherchent à se réapproprier les vertus coopératives. Les Cuma (coopératives d’utilisation de matériel agricole) constituent des lieux de pratiques solidaires dans le respect de l’autonomie de chacun. Davantage encore, les productions bio ou raisonnées, la distribution en circuits de ­proximité et les solidarités territoriales, voire internationales, se constituent en systèmes coopératifs vertueux. On connaît les Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), qui créent un nouveau lien de confiance et de fidélité entre consommateurs urbains et producteurs ruraux. Elles sont l’image d’un renouveau, mais elles ne sont pas les seules. Ainsi, les Fermes de Figeac sont un exemple de coopérative de territoire. Elles se donnent pour but – et c’est presque un manifeste – de « contribuer dans la durée à la promotion d’une agriculture plurielle, gestionnaire du vivant, à haute valeur ajoutée, innovante et ouverte aux autres, au service de tous ». De fait, rassemblant des structures multiples d’approvisionnement, de production mais aussi de vente, elles ont amplement participé à la revitalisation du nord-est du Lot.

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